Au Pakistan, la fin du ramadan est une occasion de rencontre et de dialogue
Vatican News
Au Pakistan, le 20 mars dernier, les chrétiens ont frappé aux portes de leurs voisins musulmans pour leur souhaiter «Eid mubarak», c’est-à-dire une «bonne fête» à l’occasion de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du ramadan, le mois sacré de l’islam. Cette fête est ainsi une occasion de rencontre et d’amitié à laquelle la minorité chrétienne participe pleinement. Tout comme d’ailleurs «cela se produit pour les fêtes de Noël et de Pâques», les rôles étant inversés, rappelle aux médias du Vatican le père James Channan, dominicain et directeur du Peace Center à Lahore, une structure engagée dans le dialogue interreligieux.
Esprit de solidarité et de fraternité
Vendredi, le père Channan s’est rendu en personne chez deux oulémas musulmans pour leur présenter ses vœux et leur remettre le message du dicastère pour le Dialogue interreligieux. «Nous souhaitons aux familles et aux communautés musulmanes que cette journée de fête apporte paix, joie et prospérité, et que l’esprit de solidarité et de fraternité continue de nous inspirer et d’unir musulmans et chrétiens tout au long de l’année», raconte le dominicain. Le religieux souligne que le message en provenance du Vatican met particulièrement l’accent sur «l’appel à ne pas céder à la violence, qui peut se présenter comme un raccourci vers la justice, mais qui contourne en réalité la patience requise par la foi». «En tant que croyants, souligne-t-il, nous gardons les yeux fixés sur la lumière invisible qu’est Dieu — le Tout-Puissant, le Miséricordieux, le seul Juste, qui juge les nations avec droiture, alors que notre monde est déchiré par les conflits et les guerres, comme nous le voyons au Pakistan et au Moyen-Orient». Les chrétiens et les musulmans du Pakistan ne se lassent pas de cultiver «la paix si profondément désirée par chaque cœur humain», rappelle-t-il.
Surmonter les divisions
À Lahore, les pères capucins vivent également la fête de l’Aïd al-Fitr comme une opportunité pour surmonter les divisions et promouvoir une coexistence pacifique. Ils ont ainsi organisé dans la capitale du Pendjab, une veillée de prière, réunissant des chefs religieux pour promouvoir l’harmonie et la compréhension mutuelle. Le père Ejaz Bashi, custode de la province capucine au Pakistan, a rappelé que la prière est un outil puissant pour créer la fraternité, en réfléchissant à l’effort commun nécessaire pour construire la paix au niveau local et mondial, en particulier face à la grave situation au Moyen-Orient. Les personnes présentes ont renouvelé ensemble leur engagement en faveur de la réconciliation, à commencer par le Pakistan lui-même, toujours aux prises avec un conflit avec l’Afghanistan sur le plan extérieur, et encore théâtre de violences à l’encontre des minorités religieuses sur le plan intérieur.
Garantir la justice
À cet égard, le récent cas de violence survenu à Sargodha, au Pendjab, où un ouvrier agricole chrétien a été torturé et tué, a suscité douleur et indignation. Marcus Masih, âgé de 21 ans, est décédé le 4 mars dernier dans l’exploitation où il travaillait mais, malgré les traces évidentes de violence sur son corps, les propriétaires ont parlé de «suicide». La commission Justice et Paix de la conférence des évêques du Pakistan (NCJP) a invité les autorités à mener une enquête approfondie et à garantir que justice soit rendue à la famille de la victime, rejetant en bloc la thèse du suicide. «Nous espérons une société tolérante et pacifique où la justice soit rendue de la même manière pour tous», a déclaré Mgr Joseph Arshad, à la tête de la commission.
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