En Côte d’Ivoire, «les religions sont des forces de paix et de cohésion sociale»
Marcel Ariston Blé - Abidjan, Côte d’Ivoire
Les fidèles musulmans ont célébré à travers le monde l’Aïd-El-Kébir, communément appelée Tabaski. En Côte d’Ivoire, cette célébration a été marquée par un appel fort à la fraternité et au vivre-ensemble. Dans son message, le cardinal Ignace Dogbo Bessi a adressé à la communauté musulmane ivoirienne ses « vœux fraternels, chaleureux et sincères ». Soulignant l’importance spirituelle de cette fête majeure de l’islam, il a rappelé qu’elle est porteuse des valeurs de foi, de sacrifice, d’obéissance à Dieu, de partage et de solidarité. Pour le prélat, cette célébration constitue également «un puissant appel à la fraternité, à la compassion et au respect de la dignité humaine».
L’héritage spirituel de saint François d’Assise
Poursuivant son adresse, le président de la Commission épiscopale pour l’œcuménisme, l’apostolat biblique et le dialogue interreligieux a souligné la portée particulière de cette célébration dans le contexte de la commémoration du 800e anniversaire de la naissance au ciel de saint François d’Assise, qu’il a présenté comme «une figure universelle de paix, de fraternité et de rencontre».
Faisant mémoire de la rencontre historique entre saint François d’Assise et le sultan Malik Al-Kâmil d’Égypte en 1219, en pleine période de croisades et de tensions religieuses, le cardinal Ignace Dogbo Bessi a estimé que cet héritage spirituel demeure d’une grande actualité face aux défis contemporains. «Cet héritage spirituel de paix interpelle aujourd’hui nos sociétés confrontées aux violences, aux divisions identitaires, aux extrémismes et aux crises sociales», a-t-il déclaré.
Pour l’archevêque d’Abidjan, cette mémoire historique rappelle que «les religions doivent demeurer des forces de paix, de réconciliation et de cohésion sociale», tout en soulignant que «la diversité n’est pas une menace, mais une volonté divine».
Un appel au rejet de la haine et des violences
Le prélat a également invité l’ensemble des croyants à rejeter «les discours de haine, les manipulations et les violences» qui, selon lui, fragilisent les communautés.
Il a exhorté chacun à promouvoir une société fondée sur «la justice, la fraternité, la solidarité et le respect mutuel». Le cardinal Ignace Dogbo Bessi a également souhaité que cette fête de la Tabaski soit, pour toutes les familles musulmanes ivoiriennes, un temps de bénédictions, de paix intérieure, de partage et d’espérance renouvelée.
Un témoignage concret du dialogue islamo-chrétien
À la Grande Mosquée Mohammed VI de Treichville, où des fidèles musulmans ont commémoré cette fête, le recteur, El Hadj Sounta Moustapha, a salué la présence du père Gilles César Dogoua Dapéa, secrétaire exécutif national de la Commission épiscopale pour l’œcuménisme, l’apostolat biblique et le dialogue interreligieux. «Voir un guide chrétien catholique à la mosquée avec nous en ce jour de fête est un signe de foi», a-t-il déclaré, y voyant une illustration éloquente du vivre-ensemble en Côte d’Ivoire.
«C’est cela qui brise les barrières entre frères et sœurs musulmans et chrétiens. En nous voyant ensemble, les fidèles comprendront que la Côte d’Ivoire, c’est la fraternité, l’unité, la cohésion sociale et la foi en Dieu qui nous rassemblent», a-t-il ajouté.
De son côté, le père Gilles César Dogoua Dapéa s’est réjoui de pouvoir témoigner de la proximité de l’Église catholique envers la communauté musulmane en cette fête majeure de l’islam. «Nous voulons témoigner qu’ensemble nous formons une même famille. C’est ensemble, en nous donnant la main, que nous pouvons faire avancer notre pays et faire advenir une paix véritable, dans la sincérité du cœur, pour le bien de tous et le bonheur de chacun», a-t-il affirmé.
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