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Red Clamor Chili s’oppose à l’obligation de dénoncer les migrants dans les services publics

Une lettre de la Red Clamor Chili, l’antenne nationale du Réseau ecclésial latino-américain et caribéen sur les migrations, signée par une centaine d’organisations sociales et religieuses, réfute un projet de loi qui obligerait les hôpitaux et les écoles à dénoncer les migrants en situation irrégulière. Les auteurs demandent aux autorités de garantir la dignité et la protection des migrants.

Rocío García - Cité du Vatican

Un projet de loi au Chili tente de légaliser l’obligation pour les hôpitaux, cabinets médicaux, écoles et autres institutions publiques ou privées d’informer les autorités migratoires de la présence de migrants en situation irrégulière. Face à cela, la Red Clamor Chili (Réseau ecclésial latino-américain et caribéen sur les migrations, les déplacements de population, les réfugiés et la traite des personnes), ainsi que près de 100 mouvements et une dizaine de personnalités, ont adressé une lettre ouverte aux autorités, publiée ce mois-ci sur le site d’informations chilien BioBioChile, pour manifester leur opposition à ce projet de loi.

Espaces d’attention face à la culture de la délation envers les migrants

La lettre a été signée par la secrétaire générale de la Red Clamor Chili, sœur Gabriela Herrea; l’évêque de Saint Marc d’Arica et référent de la Red Clamor Chili, Mgr Moises Atisha; la directrice de la Fondation Soy Más, Barbara Etcheberry; et l’aumônier du JRS, Service jésuite pour les réfugiés, Pablo Walker, SJ.

Les signataires affirment que promouvoir une «culture de la délation» dans des services de santé de base va non seulement à l’encontre de la Loi sur les Droits et Devoirs des Patients et du Code de la Santé, mais freine aussi l’accès aux besoins humains indispensables pour la paix dans la société. Aussi soulèvent-ils une interrogation qui remet en cause la proposition de loi: «Sommes-nous disposés à transformer les lieux d’attention en espaces de délation?»

Des organisations alertent sur de possibles violations des droits

La lettre rappelle également que ce type de moyens pourrait enfreindre la Loi sur les Droits et Devoirs des Patients et du Code de la Santé. «Le fait qu’une mère ait peur de vacciner son fils ou de l’envoyer à l’école, ou qu’un malade préfère souffrir seul au lieu d’aller chez le médecin parce qu’il a peur, peut provoquer de vrais dégâts dans notre société», soutient le document.

Les signataires soulignent par ailleurs l’obligation pour l’Etat de définir la politique migratoire, indiquant qu’il y a une différence entre réguler et déshumaniser. «Utiliser l’accès aux droits de base comme un mécanisme de contrôle abime la cohésion sociale et contredit les principes qui font de nous un pays.», notent-ils.

Préserver l’ordre sans sacrifier les droits humains

La lettre se termine par une demande explicite aux autorités: chercher des moyens qui préservent l’ordre sans sacrifier les droits humains, notamment les droits des enfants qui doivent primer sur toute logique punitive.

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26 mai 2026, 11:58