Mgr Mariano Crociata, président de la Comece. Mgr Mariano Crociata, président de la Comece. 

La Comece s'inquiète du nouveau règlement européen sur les retours des migrants

Le Parlement européen a approuvé ce 17 juin un nouveau règlement sur les rapatriements avec 418 voix pour, 218 contre, 30 abstentions. La Comece exprime son inquiétude dans un communiqué signé par son président, Mgr Crociata. Ce dernier rappelle la nécessité de toujours respecter la dignité humaine, les droits fondamentaux, le droit d’asile et la protection de l’unité familiale. Il invite à promouvoir la protection des plus vulnérables.

Vatican News

La Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne «prend acte du vote d’aujourd’hui du Parlement européen approuvant le nouveau règlement sur les rapatriements» et souligne toutefois sa profonde préoccupation «concernant certains aspects du nouveau cadre réglementaire qui risquent d’affaiblir la protection effective des droits fondamentaux et de la dignité des personnes vulnérables».

Le vote sur les retours au Parlement européen

Le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg, a donné ce mercredi 17 juin son feu vert au règlement sur les retours des migrants par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions. Le texte a été adopté avec le soutien de tous les partis de droite et de centre-droit du Parlement européen, à savoir le Parti populaire européen (PPE), les Conservateurs, les Patriotes et les Souverainistes, ainsi que de certains députés européens de centre-gauche.

La réforme de la politique de l’UE en matière de retour des migrants, déjà approuvée à titre provisoire par le Parlement et le Conseil, prévoit de nouvelles obligations de coopération pour les ressortissants de pays tiers faisant l’objet d’une décision de retour, et autorise la rétention jusqu’à 24 mois, prolongeable dans des cas spécifiques. Les nouvelles règles renforcent également la reconnaissance mutuelle des décisions de retour entre les pays de l’UE et la possibilité de recourir à des «centres de retour» situés dans des pays tiers hors de l’Union européenne.

Les motifs d’inquiétude de la Comece

«L’extension de la détention, les restrictions aux voies de recours effectives et l’externalisation croissante des responsabilités vers des pays tiers soulèvent de sérieuses questions éthiques et humanitaires», peut-on lire dans une déclaration écrite du président de la Comece, Mgr Mariano Crociata.

La migration n’est pas une question de procédures et de statistiques

«La migration – poursuit le texte – n’est pas simplement une question de procédures, de statistiques ou de gestion des frontières. Elle concerne des êtres humains: des femmes, des hommes et des enfants, dont chacun possède une dignité inviolable qui doit rester au cœur de toute décision politique». Mgr Crociata rappelle ensuite la récente visite du Pape Léon XIV aux îles Canaries, consacrée précisément à la question des migrants, au cours de laquelle le Souverain pontife a réaffirmé qu’on ne peut «rester indifférent face à ceux qui périssent en mer, sont victimes de la traite des êtres humains ou sont contraints de fuir la guerre, la violence, la persécution, la faim ou la dégradation de l’environnement», notamment parce qu’«ils pourraient faire partie de notre famille».

L’appel des évêques: respecter la dignité humaine

À cet égard, la Comece «renouvelle donc son appel pour que les politiques en matière de migration et d’asile restent fermement ancrées dans le respect de la dignité humaine, des droits fondamentaux, du droit de demander l’asile, de la protection de l’unité familiale et d’une attention particulière aux plus vulnérables. Sécurité et solidarité ne sont pas des principes opposés; elles doivent aller de pair».


S'attaquer aux causes profondes des migrations

De plus, peut-on lire encore dans le texte de la Comece, qui se joint à l'appel lancé par le Pape Léon XIV à la communauté internationale lors de son voyage en Espagne: «Les pays d'origine, de transit et de destination partagent tous la responsabilité de s'attaquer aux causes profondes qui poussent les personnes à migrer et de protéger celles qui sont en déplacement.»

Le droit de partir, mais aussi de rester

Chaque personne a non seulement le droit de demander protection lorsque sa vie est menacée, mais aussi le droit de ne pas être contrainte de quitter son pays d’origine en raison de la guerre, de la persécution, de la pauvreté, de la corruption ou de l’effondrement environnemental. Le vote d’aujourd’hui va au-delà de la simple politique migratoire. Il soulève une question plus large sur le type d’Europe que l’on veut construire. En ce moment décisif, «l’Europe est appelée non pas à renoncer à ses valeurs fondatrices, mais à les réaffirmer avec courage, sagesse et humanité».

Veillée de prière organisée par Sant'Egidio

À la veille de la Journée mondiale des réfugiés, célébrée le 20 juin, la Communauté de Sant'Egidio organise la veillée «Mourir d'espérance», en collaboration avec d'autres associations engagées dans l'accueil et l'intégration des personnes ayant fui les guerres ou des situations insupportables dans leur pays. La veillée aura lieu à Rome, dans la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere et sur la place, jeudi 18 juin, à 18h30. C’est là «que seront commémorées les 77 000 personnes, entre morts confirmés et disparus, qui ont perdu la vie depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui en mer Méditerranée ou sur d’autres voies terrestres d’immigration vers l’Europe. Au cours des cinq dernières années, 28,8 % d’entre elles étaient des femmes et des enfants», affirme Sant’Egidio.

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17 juin 2026, 15:50