Les participants à la première Conférence continentale sur l’éducation catholique en Afrique organisée par le SCEAM Les participants à la première Conférence continentale sur l’éducation catholique en Afrique organisée par le SCEAM 

Déclaration d'Addis-Abeba du SCEAM sur l'Éducation Catholique en Afrique

A la veille de la clôture de la première Conférence continentale sur l’éducation catholique en Afrique, les membres du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) ont adopté ce 7 aout en Éthiopie la Déclaration d’Addis-Abeba sur l’éducation catholique. Ce texte réaffirme le rôle central de l’éducation dans la mission évangélisatrice de l’Église et appelle à un engagement renouvelé en faveur d’une formation intégrale des jeunes Africains.

Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican

Signée par les présidents des Conférences épiscopales, des évêques, des éducateurs catholiques, des responsables d’universités et d’écoles, des religieux, des laïcs et des jeunes venus de toute l’Afrique et de Madagascar, la déclaration d’Addis-Abeba est le fruit des travaux de la première Conférence continentale sur l’éducation catholique, tenue à Addis-Abeba du 5 au 8 août 2026.

Les participants réaffirment que «l’éducation catholique est un ministère essentiel de l’Église, un instrument privilégié d’évangélisation, une force puissante pour le modelage du caractère ainsi que l’outil indispensable au développement humain intégral». Inspiré par l’Évangile, le Pacte éducatif mondial et le patrimoine culturel africain, le document souligne que l’éducation demeure un levier fondamental pour l’avenir du continent.

Former des personnes enracinées dans la foi et la dignité humaine

Cette déclaration rappelle plusieurs principes doctrinaux qui fondent l’action éducative de l’Église. Elle affirme notamment «la dignité de chaque personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu», ainsi que «le droit inaliénable de chaque enfant et de chaque jeune à recevoir une éducation de qualité enracinée dans la vérité, la justice, la foi et la dignité humaine».

Le texte insiste également sur le rôle irremplaçable des familles, «premiers éducateurs de leurs enfants», et souligne la contribution des établissements catholiques «à la construction de la nation, à la paix, au leadership éthique, au progrès scientifique et à la transformation sociale». L’école catholique est présentée comme «un instrument précieux pour apprendre à tisser des liens de paix et d’harmonie au sein de la société».


Répondre aux défis de l’Afrique contemporaine

Les signataires de ce texte d’Addis-Abeba reconnaissent les nombreux défis auxquels l’éducation catholique est confrontée: pauvreté, conflits, migrations forcées, chômage, inégalités, changement climatique, déclin des valeurs morales et insuffisance des ressources éducatives. Ils voient cependant dans la technologie, la recherche, l’innovation, l’intelligence artificielle et la collaboration continentale autant d’opportunités pour renouveler la mission éducative de l’Église. Face à ces réalités, ils s’engagent à renforcer l’identité des institutions catholiques, à promouvoir une formation intégrale – spirituelle, morale, intellectuelle, sociale et écologique – et à investir dans la formation des enseignants et des responsables éducatifs.

La déclaration appelle également à garantir des établissements «sûrs, inclusifs, transparents et engagés dans la protection des enfants et des personnes vulnérables», tout en élargissant l’accès à une éducation de qualité pour les plus pauvres, les personnes handicapées, les déplacés et les communautés marginalisées.

Les participants à cette Conférence souhaitent aussi promouvoir «le leadership éthique, la consolidation de la paix, la réconciliation et la citoyenneté responsable». Ils encouragent un usage «responsable et éthique de l’intelligence artificielle» dans l’enseignement, la recherche et l’administration, tout en développant la coopération entre écoles, universités, séminaires, congrégations religieuses et conférences épiscopales du continent.

L’accent est également mis sur la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat afin de favoriser la création d’emplois et de répondre aux aspirations de la jeunesse africaine, ainsi que sur une éducation inspirée par l’écologie intégrale et le soin de la création.

Un appel à une responsabilité partagée et une commission continentale de suivi

La Déclaration d’Addis-Abeba lance ensuite un appel à l’ensemble des acteurs concernés. Les Conférences épiscopales sont invitées à faire de l’éducation catholique «une priorité pastorale» en mettant en place des structures nationales dédiées. Les gouvernements sont appelés à reconnaître et soutenir la contribution des établissements catholiques au développement national. Le document s’adresse également aux universités, aux congrégations religieuses, aux familles et aux partenaires internationaux afin qu’ils renforcent leur collaboration pour soutenir durablement l’éducation catholique en Afrique et à Madagascar.

Afin d’assurer le suivi de cette déclaration, les participants recommandent la création d’une Commission épiscopale du SCEAM pour l’éducation catholique. Celle-ci sera chargée d’élaborer un cadre continental, de mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation, d’accompagner les conférences épiscopales dans leurs plans nationaux et d’organiser des rencontres continentales régulières.

Ils expriment enfin le souhait que «l’éducation catholique continue à être un phare d’espérance, de foi, de connaissance, de justice et de paix pour l’Afrique et Madagascar», au service de l’Église et du développement intégral des peuples du continent.

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09 août 2026, 09:00