Au Nigéria, les chrétiens continuent d'être victimes de violence (AFP). Au Nigéria, les chrétiens continuent d'être victimes de violence (AFP).  (AFP or licensors)

Au Nigéria, attaques d’église, meurtre et enlèvements de religieux suscitent l’émotion

Dimanche 2 août, des hommes armés ont pris trois personnes en otages dans une église du sud-est du Nigéria. Quatre jours plus tôt, le père Samuel Opeyemi Oyetoro a été retrouvé mort dans le centre du pays. Ces attaques révélent la persistance des bandes criminelles qui continuent de frapper les communautés religieuses et civiles.

Vatican News

Les violences des groupes armés persistent dans plusieurs régions du Nigéria. Dernière attaque en date: ce dimanche 2 août, vers 8h30, au moins sept hommes armés ont fait irruption pendant la messe dans l’église Saint-Joseph d’Inoyi, à Affa, dans le district d’Udi de l’État d’Enugu (sud-est du Nigeria). Après avoir pris en otage plusieurs personnes, les assaillants se sont dirigés vers une forêt voisine.

Les fidèles terrifiés ont fuit sous des pluies diluviennes. Lors d’une opération de police, un des trois otages – un catéchiste – a été libéré. En revanche, les deux autres personnes capturées sont toujours aux mains des ravisseurs. Il s’agit d’un séminariste, Lawrence Chidera Igbo, et d’un paroissien.

L'assassinat du père Samuel Opeyemi Oyetoro

Aux événements dramatiques d'Enugu, s'ajoute l'annonce du décès du père Samuel Opeyemi Oyetoro, faite par le diocèse de Lokoja. Le prêtre a été assassiné lors d'une embuscade sur Church Road à Ajaokuta, dans l'État de Kogi, au centre du Nigeria. Il aurait été attaqué à la machette, son corps mutilé ayant été retrouvé le 29 juillet. Son meurtre n'a été confirmé que ces dernières heures. Exerçant son ministère dans l’église paroissiale Sainte-Marie d’Egbe, ce prêtre était en visite dans une autre église de l’État de Kogi, Saint-Paul-l’Apôtre d’Ajaokuta, pour remplacer le curé en congé.

«Nous confions notre cher prêtre à la miséricorde infinie de Dieu, en le remerciant pour son ministère fidèle, son amour désintéressé et son dévouement inébranlable envers le peuple de Dieu», a déclaré le diocèse de Lokoja dans un communiqué. Prêtres, religieux et laïcs ont été invités par le diocèse à prier pour le religieux tué et sa famille. Le gouverneur de l’État de Kogi, Ahmed Ododo, a qualifié le meurtre du prêtre d’«acte atroce et inacceptable». 

Attaque contre les civils dans l'État de Zamfara

Des violences ont également frappé le nord-ouest du Nigeria ce dimanche 2 août. A l'aube, des hommes armés ont attaqué le village de Kasuwar Daji, dans l'État de Zamfara, après avoir pris pour cible une base militaire située à la périphérie de la ville. Au moins deux membres des forces de sécurité – un soldat et un policier – ont été tués lors de l'affrontement, et de nombreux civils ont été enlevés. Selon des sources locales, une cinquantaine de personnes au moins étaient retenues en otages.

Un séminariste enlevé dans le centre-nord

Un séminariste kidnappé fin juillet a réussi à échapper à ses ravisseurs. Kelvin Ochai, avait été enlevé le 29 juillet à la résidence de l’Évêque d’Otukpo dans l’État de Benue, au centre-nord du Nigeria. Selon un communiqué du diocèse d'Otukpo, le séminariste a réussi à fuir et rejoindre Aliade, dans la zone de gouvernement local de Gwer East, où il a retrouvé sa famille sain et sauf. Face à ces attaques, l’inquiétude grandi face à la vulnérabilité croissante des communautés chrétiennes du Nigéria, de plus en plus souvent prises pour cibles lors des offices religieux.

Une insécurité qui ne cesse de s'aggraver

Les enlèvements contre rançon demeurent une source majeure de financement pour les groupes armés actifs au Nigéria. Des bandes criminelles, connues sous le nom de bandits, opèrent principalement dans le nord-ouest du pays, où elles sont responsables d'attaques de villages, de pillages et d'enlèvements de masse. Les groupes djihadistes, quant à eux, persistent dans le nord-est. Malgré la présence de l'armée et les opérations de sécurité répétées, la population vit toujours dans la peur constante, les assaillants s’en prenant sans distinction aux lieux de culte, aux communautés rurales et aux religieux. 

 

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04 août 2026, 17:07