À Santa Cruz de Tenerife, le centre «Las Raíces» se prépare à accueillir le Pape

Léon XIV est attendu ce vendredi 12 juin sur l’Île de Santa Cruz de Tenerife, pour la toute dernière étape de son voyage apostolique en Espagne. Le premier rendez-vous du Saint-Père à Tenerife le conduira au centre «Las Raíces» où vivent actuellement près de 700 migrants venus d’Afrique de l’Ouest. «Nous savons désormais que le Pape nous soutient. J’espère que la société sera capable de comprendre ce message d’espoir et de solidarité», explique le directeur Ernesto Mayoral.

Augustine Asta – Envoyée spéciale à Tenerife

Géré par l’organisation Accem dans le cadre du programme d’aide humanitaire du gouvernement espagnol, le centre d’accueil pour migrants «Las Raíces», situé à San Cristóbal de La Laguna, à Tenerife, accueille près de 700 migrants, qui viennent principalement du Sénégal, du Mali, de la Gambie et de la Guinée-Conakry, explique Ernesto Mayoral, le directeur du centre. Créé en 2021 pour répondre à l’augmentation des arrivées de migrants sur les côtes canariennes, ce centre est une structure d’accueil temporaire destinée aux personnes arrivées de manière irrégulière par voie maritime.

Vue du centre d'accueil pour migrants ''Las Raices'' à Tenerife
Vue du centre d'accueil pour migrants ''Las Raices'' à Tenerife

«Offrir une aide humanitaire et humaine»

Au-delà des besoins matériels, les équipes du centre s’efforcent d’offrir un accompagnement global aux résidents. «Il faut que la personne perçoive qu’elle est bien accueillie. Elle n’est pas dans son pays, mais elle est dans un pays disposé à l’accueillir», souligne le responsable. Les migrants bénéficient d’un hébergement, de repas, de vêtements, d’un suivi social ainsi que de cours d’espagnol destiné à faciliter leur intégration.

Le directeur du centre pour migrants «Las Raíces», Ernesto Mayoral.
Le directeur du centre pour migrants «Las Raíces», Ernesto Mayoral.

Une étape avant la poursuite du parcours migratoire

Le séjour à «Las Raíces» est limité dans le temps. En moyenne, les migrants y restent entre un et deux mois avant d’être orientés vers la péninsule espagnole. «Lorsqu’ils quittent notre structure ils poursuivent le programme d’aide humanitaire en Espagne continentale. Le centre n’a pas la capacité d’accueillir toutes les personnes qui arrivent chaque année aux Canaries», précise le directeur. Cette rotation permanente permet au dispositif de continuer à répondre aux nouvelles arrivées tout en assurant un accompagnement individualisé.

Une intégration progressive dans la société locale

Après plusieurs années de fonctionnement, la présence du centre semble désormais largement acceptée par la population locale. «Au début, l’intégration a peut-être été différente, mais aujourd’hui les personnes accueillies sont intégrées dans la société. Elles entrent et sortent comme n’importe quel habitant de San Cristóbal de La Laguna», observe Ernesto Mayoral.

«Ce ne sont pas des criminels»

Pour le directeur du centre «Las Raíces», le principal défi reste le regard porté sur les migrants. «La personne qui est là n’est pas un assassin ni un criminel. C’est quelqu’un qui a pris la décision de quitter sa famille et son pays pour améliorer sa vie ou parfois pour sauver sa vie», insiste-t-il. Selon lui, la réponse politique à la migration doit avant tout reposer sur une reconnaissance commune de la dignité humaine. «Nous sommes des êtres humains. Nous n’avons pas de couleur, nous n’avons pas de pays, nous sommes des êtres humains.»

L’espoir porté par la visite du Pape

À «Las Raíces», l’annonce de la venue de Léon XIV a suscité une vive émotion parmi les équipes comme parmi les résidents. «Lorsque nous avons appris qu’il allait venir visiter notre centre, nos cœurs ont explosé», confie le directeur, qui espère que cette visite contribuera à changer le regard de la société sur les migrations et à rappeler la nécessité de la solidarité. «Nous attendons de lui un message d’espérance. Un message disant que l’avenir est pour tous et qu’il ne faut pas empêcher les personnes de chercher un avenir meilleur», fait-il savoir. Et de conclure: «Nous savons désormais que le Pape est derrière nous, qu’il nous soutient. J’espère que la société sera capable de comprendre ce message d’espoir, de solidarité et d’appui pour toutes les migrants.»

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici.

12 juin 2026, 08:29