Le Pape lors de l'audience avec les Focolari Le Pape lors de l'audience avec les Focolari  (@Vatican Media)

Le Pape appelle les Focolari à réévaluer leur apostolat

Léon XIV a reçu ce samedi 21 mars au Vatican les participants de l’assemblée générale de l’Œuvre de Dieu – Mouvement des Focolari. Il a loué leur sens de l’unité, essentiel dans le monde d’aujourd’hui pour combattre la haine et la division. Le Pape a également appelé les Focolari, en plein changement générationnel, à discerner les aspects de leur apostolat qui sont encore nécessaires ou pas.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

C’est un des principaux mouvements d’Église nés avant même le Concile Vatican II, marqué par «le charisme de la servante de Dieu Chiara Lubich» qui créa les Focolari (foyers en français) en pleine Seconde Guerre mondiale, en 1943. Léon XIV en reçoit les dirigeants et les membres de leur assemblée générale, réunis à Rome cette semaine. Parmi l’assistance, dans la salle Clémentine du palais apostolique, la présidente, Margaret Karram, réélue pour un second mandat et son nouveau co-président, le père Roberto Eulogio Almada.

Le Saint-Père souligne d’emblée que le charisme du mouvement est «le message de l’unité» «entre les êtres humains qui est le fruit et le réflexe de l’unité du Christ avec le Père». Cette unité, dont il est tant question, est vécue et témoignée comme «une nouvelle possibilité de vie fraternelle, réconciliée et joyeuse, entre des personnes d’âge, de culture, de langue et de credo religieux différents».

« Une semence, simple mais puissante »

Pour le Saint-Père, il s’agit ni plus ni moins d’une «semence, simple mais puissante», capable de générer «une poussée d’évangélisation», et le monde d’aujourd’hui, estime-t-il, en a besoin en raison du «poison de la division et de la conflictualité» qui «tend à polluer les cœurs et les relations sociales» et qui «doit être combattu par le témoignage évangélique de l’unité, du dialogue, du pardon et de la paix».

Ce «grand peuple de la paix» est appelé en «cette période historique» «à faire contrepoids et barrière aux nombreux semeurs de haine qui ramènent l’humanité à des formes de barbaries et de violence», assène Léon XIV.

Pour mener à bien cette mission, Les Focolari sont à un tournant, analyse le Pape. Après la disparition de leur fondatrice, ils doivent discerner tous ensemble quels sont les aspects de leur vie commune et de leur apostolat qui sont «essentiels» et qui doivent être maintenus, et ceux qui doivent être abandonnés parce qu’ils peuvent parfois poser des problèmes.

Transparence et coresponsabilité

Le Pape conseille donc de s’engager fortement en faveur de la «transparence», surtout de la part des responsables, quel que soit leur niveau. Il s’agit là d’une «condition de crédibilité», qui est due car «le charisme est un don de l’Esprit Saint» dont tous les membres sont responsables. Léon XIV insiste sur le fait que chacun doit se sentir partie prenante de l’œuvre, ce qui est à ses yeux «une valeur ajoutée» qui stimule aussi bien le mouvement que ses membres individuellement, qui «fait émerger les ressources latentes et les potentialités de chacun» et qui «responsabilise et promeut la contribution de tout le monde».

Le Saint-Père formule aussi un autre écueil, celui de vivre le charisme de l’unité sans respecter la liberté et la conscience de chacun et sans valoriser les dons et l’unicité de chacun. Il rappelle ainsi que l’unité que les Focolari recherchent à vivre et à témoigner «se réalise principalement “dans Dieu”, dans l’exécution de sa sainte volonté». «Tous sont appelés à discerner quelle est la volonté de Dieu et comment on peut réaliser la vérité de l’Évangile dans les diverses situations de la vie communautaire ou apostolique». Cela doit se dérouler dans la fraternité, la sincérité, la franchise et surtout l’humilité, la liberté de soi-même et de son propre point de vue. «L’unité de tous en Dieu est un signe évangélique qui est la force prophétique pour le monde» affirme le Pape.

Enfin, dernier conseil du Saint-Père: «l’unité ne se comprend pas comme uniformité de pensée, d’opinion et de style de vie». Au centre de tout le mouvement doit demeurer la charité, comme l’avait affirmé en son temps Chiara Lubich. Pour Léon XIV, l’unité doit toujours être nourrie et soutenue par la charité réciproque qui «exige magnanimité, bienveillance, respect; cette charité qui ne se vante pas, ne s’enorgueillit pas, ne cherche pas son propre intérêt, ne tient pas compte du mal reçu mais se réjouit seulement de la vérité». 

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21 mars 2026, 12:43