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Éducation, abus et liturgie: les recommandations de Léon XIV aux évêques de France

Les évêques de la Conférence épiscopale de France qui se retrouvent à partir de ce mardi matin en assemblée plénière de printemps à Lourdes, ont reçu les encouragements du Pape Léon XIV à défendre l’enseignement catholique, à persévérer contre les abus et réfléchir à des solutions pour accueillir les communautés attachées au Vetus Ordo.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

En ouverture de leur assemblée plénière de printemps, les évêques de France ont été salués par Léon XIV à travers un message signé par le cardinal Pietro Parolin au nom du Souverain pontife. Éducation, abus et liturgie sont les trois axes de la lettre du Pape aux évêques de l’Hexagone. Ce sont aussi les grandes thématiques qu’ils traiteront au cours des quatre jours de plénière dans l’hémicycle du sanctuaire marial de Lourdes.

Défendre l’enseignement catholique

Conscient des soubresauts causés par une actualité qui a récemment encore défrayé la chronique liée à des actes d’abus dans des établissements scolaires, Léon XIV reconnait «un contexte d’hostilité croissante», mais invite à persévérer dans la défense de l’enseignement catholique, et plus particulièrement à en préserver «avec détermination» la dimension chrétienne qui en est la «raison d’être», tout en favorisant le plus large accueil dans le respect des convictions de chacun.

Abus: miséricorde envers tous

Le second sujet que les évêques de France aborderont est celui des abus sur mineurs. Forte d’un engagement soutenu contre le phénomène depuis la création notamment de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) dès le 8 février 2019, deux semaines avant la rencontre des présidents des conférences épiscopales convoquée par le Pape François au Vatican -au cours de laquelle le pontife argentin affirmait que l’Église avait «le devoir d’écouter attentivement» le «cri silencieux étouffé» des victimes-, l’Église de France peut approcher la question avec une certaine sérénité. Cependant, Léon XIV demande aux évêques français de poursuivre dans l’écoute et l’attention aux victimes soulignant la nécessité d’actions de prévention sur le long terme, et d’accorder la miséricorde de Dieu envers tous. Sur ce point, le Pape états-unien souhaite «que les prêtres coupables d’abus ne soient pas exclus de cette miséricorde et fassent l’objet de vos réflexions pastorales». Parallèlement, l’évêque de Rome adresse aux pasteurs un message d’encouragement et leur renouvèle toute sa confiance, alors que nombre d’entre eux ont pu être «durement éprouvés» par les conséquences de comportements abusifs de la part de certains de leurs pairs.

Liturgie et messe tridentine

Enfin, un aspect «auquel le Saint-Père est particulièrement attentif», concerne «le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo» (célébration de la messe en latin selon la liturgie d’usage avant le Concile Vatican II, ndlr). Léon XIV exprime clairement son inquiétude de voir dans l’Église s’ouvrir «une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe»; célébration qui constitue «le sacrement même de l’unité». Si l’Église est une mère qui prend soin de ses enfants, elle se doit de panser les blessures et de porter «un regard nouveau […] sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité». L’invitation est par conséquent de rechercher, avec l’aide de l’Esprit-Saint, «des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II».

Des signes d’espérance bien visibles

Prenant acte des «temps difficiles» de l’Église, Léon XIV voit aussi des «signes d’espérance et de présence de Dieu dans les cœurs». En témoigne la forte augmentation des catéchumènes sur les dix dernières années. Le nombre de candidats qui recevront le sacrement du baptême lors de la veillée pascale du 4 avril sera communiqué dans les prochains jours par la Conférence des évêques de France, mais la hausse semble se confirmer pour 2026. Ils étaient 17800 en 2025. La barre des 20 000 pourrait être atteinte cette année. Un regain d’intérêt spirituel marqué, certes, mais à mettre en perspective après plus de deux décennies de forte baisse des demandes de baptême.

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25 mars 2026, 10:00