Léon XIV exprime sa gratitude aux membres de la Garde suisse

Le Pape a assisté, dans la salle Paul VI, à la cérémonie de prestation de serment de 28 nouvelles recrues. En remerciant les nouveaux hallebardiers du plus ancien corps militaire du monde pour leur «précieux service animé par l’amour de l’Église», il souligne leur «engagement de fidélité» et leur «enthousiasme juvénile».

Daniele Piccini – Cité du Vatican

La vivacité chromatique des drapeaux des quatre cantons suisses domine les murs latéraux de la salle Paul VI. Cette soirée du mercredi 6 mai est particulière: 28 recrues de la Garde suisse pontificale prêtent serment. L’ambiance et les décorations festives célèbrent l’anniversaire du 6 mai 1527, jour où les lansquenets espagnols et allemands lancèrent leur attaque contre la ville de Rome et où le Pape Clément VII fut défendu avec honneur par 189 gardes suisses.

Les recrues de la Garde suisse pontificale alignées dans la salle Paul VI.
Les recrues de la Garde suisse pontificale alignées dans la salle Paul VI.   (@Vatican Media)

Plus de 500 ans de fidélité

Léon XIV a fait son entrée dans la salle à 17 heures précises, a salué le commandant de la plus ancienne armée du monde, l'aumônier et les cardinaux assis au premier rang, puis a pris place devant l'escalier de la salle. Les sonneries de trompette des gardes annoncent le début de la cérémonie. Les 28 nouveaux hallebardiers entrent lentement par la porte au fond de la salle et se dirigent vers l'escalier, marchant solennellement au rythme des roulements de tambours. En souvenir du sac de Rome, le Corps de la Garde pontificale, institué en 1506, porte ce soir l’uniforme dit «Gran Gala», comprenant une armure, qui n’est utilisé que pour la bénédiction papale «Urbi et Orbi», à Noël et à Pâques. Ce spectacle de couleurs, de mouvements, d’énergie et d’élégance, savamment combinés grâce à des années d’entraînement, n’est pas de ceux que l’on voit tous les jours, et le public, qui remplit ce soir la salle conçue par Pier Luigi Nervi, souhaite en garder un souvenir: de nombreux smartphones s’élèvent au-dessus des épaules pour prendre une photo au passage du groupe militaire. Au son des ordres en allemand, une file ordonnée se reforme sur le parvis de la salle, les gardes sont passés en revue par l’aumônier et le colonel Christoph Graf.

Le Pape remercie les nouveaux hallebardiers et l’ensemble du Corps de la Garde suisse pour leur «précieux service».
Le Pape remercie les nouveaux hallebardiers et l’ensemble du Corps de la Garde suisse pour leur «précieux service».   (@Vatican Media)

Un engagement nourri par la foi et l’amour de l’Église

Le Pape monte les marches et prend la parole. Après avoir salué les autorités civiles et militaires ainsi que le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin qu’il a reçu ce matin au Vatican, Léon XIV adresse ses remerciements aux nouvelles recrues et à l’ensemble du Corps de la Garde suisse pour le dévouement dont ils font preuve dans l’exercice de leurs fonctions.

«À vous, chers jeunes qui avez prêté serment, j’exprime mon estime et ma gratitude. Le geste que vous avez accompli témoigne d’un engagement de fidélité, animé par l’enthousiasme de la jeunesse et fondé sur la foi en Dieu et l’amour pour l’Église. Je le place sous la protection de la Vierge Marie, ainsi que tout le précieux service de la Garde suisse pontificale», a affirmé Léon XIV, leur souhaitant ensuite une bonne soirée en italien, en français et en allemand.

Le colonel Christoph Graf prononce son discours devant Léon XIV dans la salle Paul VI.
Le colonel Christoph Graf prononce son discours devant Léon XIV dans la salle Paul VI.   (@Vatican Media)

Le service, non pas une humiliation mais l’épanouissement de sa vie

Le colonel Graf a pour sa part salué les autorités présentes. Une délégation de la Confédération suisse, conduite par le président de la Confédération Guy Parmelin, le président du Conseil national Pierre-André Page et le président du Conseil des États Stefan Engler, assiste à la cérémonie. L'armée suisse est également représentée par le chef de l'armée, le commandant de corps Benedikt Roos, tandis que la Conférence des évêques suisses est représentée par son président, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. La délégation du canton hôte de cette année, la Thurgovie, est conduite par le Conseil d’État et présidée par le président du Conseil d’État, Dominik Diezi.

Dans son discours, le militaire souligne que le concept même de service est souvent perçu de manière péjorative. «Dans notre société, a dit le colonnel Graf, le service est souvent considéré d’un œil critique. Certains le perçoivent comme un obstacle à l’épanouissement personnel, ou l’associent, bien souvent, à quelque chose d’humble, voire de dégradant.» Puis une question rhétorique: «Et pourtant, chères gardes, illustres invités, n’est-ce pas là l’essence même de l’être humain que de se mettre au service des autres ?». Servir est une mission et le but de l’épanouissement personnel: «Ce n’est pas un fardeau, mais une opportunité: c’est précisément en mettant nos talents au service des autres que nous pouvons nous épanouir pleinement. Celui qui sert découvre la clé de la véritable épanouissement», a-t-il conclu, en résumant l’esprit de la Garde suisse au service du Successeur de Pierre.

Discours de l’aumônier de la Garde suisse.
Discours de l’aumônier de la Garde suisse.   (@Vatican Media)

La valeur sacramentelle du don de soi

Dans la lignée du colonel, l’aumônier de la Garde suisse explique la valeur spirituelle du service et du «sacrifice de soi». «Celui qui sert renonce à quelque chose, a-t-il dit. Vous le savez par votre vie quotidienne. Vous subissez des privations, la fatigue, vous ressentez parfois le mal du pays et vous vous demandez si tout cela en vaut la peine. Le don de soi a un prix. Mais celui qui donne ne s’appauvrit pas. Le don a une qualité sacramentelle qui nous fait grandir humainement et spirituellement».

L’aumônier a ensuite lu la formule du serment: «Je jure de servir fidèlement, loyalement et honorablement le Souverain pontife et ses successeurs légitimes, de me consacrer à eux de toutes mes forces, en sacrifiant, si nécessaire, même ma vie pour leur défense. J’assume les mêmes devoirs envers le Collège cardinalice pendant la vacance du Siège apostolique. Je promets également au commandant et aux autres supérieurs respect, fidélité et obéissance. Ainsi je le jure, que Dieu et nos saints patrons m’assistent».

Un moment du serment des 28 recrues.
Un moment du serment des 28 recrues.   (@Vatican Media)

«Avec l’aide de Dieu et des saints patrons»

Les gardes ont alors interprété l'hymne de l'État de la Cité du Vatican et l'hymne national suisse. Appelées une à une par le sergent-major, les recrues se sont avancées vers le drapeau du Corps qu’elles ont saisi de la main gauche. Avec les doigts de la main droite, elles forment le signe du trois, symbole de la Trinité et de l'ancienne promesse de défense mutuelle des quatre cantons. Elles déclarent leur nom de hallebardier et prononcent les mots du serment en français, allemand, italien et romanche (parlé dans le canton des Grisons): «Je jure d’observer fidèlement, loyalement et honorablement tout ce qui vient de m’être lu. Que Dieu et nos saints patrons m’assistent !». À la fin de la cérémonie de serment, d’un pas plus alerte que lors de leur entrée solennelle, les nouvelles Gardes suisses ont quitté la salle au son de la fanfare et sous les applaudissements du public.

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06 mai 2026, 19:14