Léon XIV encourage les évêques italiens à vivre l’essentiel de l’Évangile
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Après avoir salué «tous ceux qui, peut-être sans le savoir, nourrissent une soif de Dieu dans leur cœur» et les élus de la Conférence épiscopale, le Pape a reconnu que l’époque actuelle est marquée par «la complexité», ainsi que par de «nombreux signes [qui] témoignent de lassitude, de fragmentation et de solitude». Dans les communautés chrétiennes, a-t-il observé, «nous ressentons parfois la difficulté de transmettre la foi, la difficulté d’entrer en contact avec les nouvelles générations». Mais le regard chrétien ne doit pas céder au pessimisme car, «l’Évangile nous interpelle» chaque jours. Citant l’Évangile de saint Luc, Léon XIV a rappelé les paroles de Jésus: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux! Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson!»
L’Évangile comme priorité
Le Saint-Père a ensuite insisté sur la centralité de l’Évangile dans la vie de l’Église soulignant que dans cette perspective «la priorité est l’Évangile». Il a évoqué dans ce sens l’héritage de saint François d'Assise, de saint Paul VI dans Evangelii Nuntiandi, et celui du Pape François dans Evangelii Gaudium.
Car, a expliqué Léon XIV, «c’est de l’Évangile que naît la foi, comme une rencontre vivante avec le Christ, mort et ressuscité, présent dans son Église». Dans un monde marqué par «défis anthropologiques inédits, remettre l’Évangile au centre est le don qui donne de l’enthousiasme à notre vie d’évêques et l’urgence qui nous anime».
Une Église qui accompagne et fait grandir la foi
Le Pape a longuement développé le thème de l’initiation chrétienne, qu’il refuse de réduire à «une simple préparation aux sacrements». Elle est plutôt «la "matrice" où une communauté fait naître la foi et nous introduit à la vie pascale, à la communion avec le Seigneur, à la fraternité ecclésiale».
Le Saint-Père a insisté sur l’importance du baptême comme «une réalité vivante et existentielle». Pour lui, la foi grandit là où existent «des communautés dynamiques et accueillantes, capables de prier et d’écouter». Des communautés «où l'Eucharistie est véritablement la source et le sommet; où les pauvres ne sont pas de simples bénéficiaires d'un service, mais des frères et sœurs par qui le Seigneur nous parle; où les jeunes sont des visages, des voix et des histoires avec lesquels dialoguer; où les familles ne sont pas laissées à l'abandon, et où les blessures ne sont pas cachées, mais humblement présentées au Seigneur; où la foi devient un engagement concret dans la société, la politique et la culture».
Une Église synodale et à l’écoute
Léon XIV a également évoqué le chemin synodal vécu par l’Église italienne. «Une Église synodale est celle où chaque personne, selon sa vocation, peut offrir le don reçu de l’Esprit pour l’édification commune», a-t-il déclaré. La participation, a-t-il précisé, «n’est pas une concession: elle est une exigence de communion et de mission». Le Pape a encouragé les évêques à développer «une écoute profonde: écouter la Parole de Dieu, écouter le peuple de Dieu et, par conséquent, être attentifs aux signes des temps, même à ce qui interpelle nos pratiques pastorales».
L’humilité comme véritable force de l’Église universelle
Le Pape a ensuite rappelé que la fécondité de l’Église ne se mesure ni au nombre, ni à la visibilité, ni à l’influence. Citant un discours prononcé à Istanbul en 2025, il a affirmé que l'«humilité est la véritable force de l’Église». «Elle ne réside ni dans ses ressources ni dans ses structures, et les fruits de sa mission ne découlent ni d’un consensus numérique, ni d’une puissance économique, ni d’une influence sociale».
Dans la conclusion de son discours, Léon XIV a lancé un vibrant appel missionnaire. «Ayons le courage de faire l'essentiel ! Le courage de communautés moins soucieuses de tout préserver et plus libres de proclamer le Christ», a-t-il déclaré.
Il a également plaidé pour «une catéchèse qui soit un chemin d'initiation et de formation continue à la vie chrétienne», invitant l’Église à «se laisser évangéliser par les pauvres». Enfin, le Saint-Père a confié le chemin de l’Église italienne à la Vierge Marie, «Mère de l’Église», priant pour qu’elle aide les croyants à demeurer «enracinés et édifiés» dans le Christ.
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