La communauté Villa Nazareth comme un foyer de pensée chrétienne
Antonella Palermo - Cité du Vatican
La Villa Nazareth favorise un «dialogue nécessaire entre foi, culture et charité», en particulier pour les jeunes les plus défavorisés. Elle a été fondée il y a quatre-vingts ans, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, grâce à l'intuition du cardinal Domenico Tardini, alors secrétaire d'État, comme un laboratoire d'espérance dans un quartier de Rome en plein essor.
Aujourd'hui, en ces temps de changement, où les nouvelles générations ont toujours besoin d'être guidées pour grandir au sein de relations fraternelles, cet anniversaire particulier a été marqué par la célébration d'une messe présidée par le cardinal Pietro Parolin, suivie d'une rencontre avec le Pape dans la Salle des bénédictions du Palais apostolique. Éducateurs, étudiants, collaborateurs, anciens élèves, amis et accompagnateurs spirituels se sont réunis avec l'évêque de Rome pour se ressourcer dans une mission plus indispensable que jamais. À Villa Nazareth, cette mission a permis à plus de 1 300 étudiants d'obtenir leur diplôme.
Former des jeunes leaders au service du bien
Dans son allocution, Léon XIV a rappelé les origines de Villa Nazareth, fondée pour offrir des opportunités éducatives à ceux, «riches en talent et en bonne volonté, mais dépourvus des moyens nécessaires pour poursuivre des études». C'est cette vocation que le cardinal Pietro Parolin a mise en lumière dans son message, illustrant les valeurs inspirantes de coexistence pacifique, d'égalité, de respect de la personne humaine et de service par la culture.
Ce sont les valeurs de la doctrine sociale de l'Église, auxquelles se sont ajoutés, plus tard, l'appel à la générosité et à la modestie, car tel était le souhait du cardinal Achille Silvestrini, guide et maître de la Villa Nazareth durant la transition vers le nouveau millénaire. «C’était un gardien attentif et un interprète moderne du charisme originel», a déclaré le cardinal Parolin à son sujet, devant le Successeur de Pierre.
Invitant la communauté à toujours garder à l'esprit les images emblématiques du Lavement des pieds et du Bon Samaritain, épisodes dont elle peut sans cesse s'inspirer, le Pape a souligné la clairvoyance du cardinal Domenico Tardini.
Un foyer et un terreau fertile pour la pensée chrétienne
Le Pape cite sa récente encyclique Magnifica humanitas – «Ce qui sauve l’humanité, ce n’est pas l’autosuffisance accrue, mais une relation qui libère, une communion qui transforme» – et insiste sur la nécessité de bâtir non pas une nouvelle Tour de Babel, mais bien la Cité de Dieu, où l’amour et la fraternité universelle la soutiennent.
Lors de la célébration eucharistique, le cardinal Pietro Parolin a lui-même évoqué, dans son homélie, le défi de vivre une communion toujours plus authentique et profonde. Ancien assistant étudiant à la fin des années 1990, le secrétaire d'État a réaffirmé, à la veille de la solennité de la Très Sainte Trinité, que «Notre Dieu n'est pas une solitude isolée, mais une communion parfaite de vie et d'amour entre les personnes divines: le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le défi de la communion doit être toujours plus vrai, toujours plus profond, toujours plus réel parmi nous.»
Les jeunes ont besoin de lumière et de repères
Le Souverain pontife a enfin rappelé les enseignements de ses prédécesseurs, saint Jean-Paul II et Benoît XVI, adressés aux membres de la Villa Nazareth: ne pas être prisonniers de l'orgueil et de la mentalité de domination, et toujours s'engager.
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