Les relations humaines comme antidote à la guerre et la polarisation
Isabella Piro – Cité du Vatican
La recherche de la vérité, la liberté comme relation et le dialogue: telles sont les trois réflexions proposées par Léon XIV aux membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, reçus en audience samedi matin dans la salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican. Environ quatre cents personnes étaient présentes, dont celles qui ont participé à l'Assemblée générale de la Fondation.
Au milieu des divisions du monde, un nouvel espoir pour une humanité commune se dessine. Dans son allocution, le Pape a évoqué la récente encyclique Magnifica Humanitas pour souligner l'importance de la doctrine sociale de l'Église dans la société contemporaine. C'est un thème «particulièrement cher à mon cœur», a-t-il expliqué, car «il constitue une part essentielle de la mission de l'Église dans le monde». Le Pape extrait de son encyclique quelques orientations, à commencer par une réflexion sur «l'humanité commune»:
«Nous vivons à une époque marquée par les guerres et une polarisation croissante, ainsi que par des divisions culturelles et sociales. Pourtant, au cœur de cette fragilité, naît un nouvel espoir. Alors même que les divisions semblent s'accentuer, un dénominateur commun se dégage et nous unit tous indéniablement: notre humanité commune».
La recherche de la vérité et la soif de Dieu
Face à l'adversité, l'humanité est appelée à repenser une question fondamentale: quelle voie choisir en tant que «communauté humaine»? Il s'agit là, explique le Pape, d'une question cruciale: «Ces questions témoignent clairement de la quête de vérité de l'humanité et font naître un désir d'autre chose, une soif de Dieu et de sens durable».
Démocraties et multilatéralisme en crise
Au cœur de l'homme, poursuit le Souverain pontife, réside aussi le désir de liberté, non pas comprise comme «la capacité de faire ce que l'on veut» ou comme absolutisme, mais plutôt comme une «dimension relationnelle», un «don de soi et une ouverture aux autres». Ce type de liberté, souligne le Pape, renvoie à la Cité de Dieu décrite par saint Augustin: «fondée sur l'amour de Dieu jusqu'au don de soi et sur le développement des relations», elle «rend véritablement possible la construction d'une civilisation de l'amour».
Garder à l’esprit la dignité de chaque personne
Malgré tout, le Pape nous encourage à ne pas céder au désespoir, mais à ériger un rempart contre la déshumanisation en mettant en œuvre «une somme de petites et tenaces loyautés» et, surtout, en pratiquant un dialogue «fondé sur la vérité qui reconnaît et apprécie l’humanité commune de chaque personne».
Garder à l’esprit la dignité innée de chaque personne permet de dépasser l’égoïsme et les intérêts particuliers au profit du bien commun. «Cette même dignité offre également le cadre dans lequel nous pouvons parler d’un pluralisme sain qui reconnaît la richesse des contributions des personnes d’origines diverses et conduit à une coexistence pacifique».
L’actualité de la Fondation
L’audience avec le Successeur de Pierre a conclu deux moments clés de l’actualité de la Fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice: l’Assemblée générale, tenue le 28 mai à Rome sur le thème “La pensée sociale catholique face aux défis de la liberté et du pluralisme dans une économie et une société désordonnées. Renouveler la vision de Centesimus Annus“, et la conférence internationale qui s'est tenue le 29 mai au Vatican et qui s'intitulait “Un monde fragmenté en quête de spiritualité: liberté et pluralisme à travers la doctrine sociale de l'Église“.
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