Le Pape à Naples: face aux inégalités, l’Église doit être une présence concrète
Vatican News
Après une matinée passée à Pompéi, le Pape Léon XIV s’est rendu en début d’après-midi à Naples pour rencontrer le clergé et les consacrés réunis dans la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, en plein cœur de la «ville aux mille couleurs». La plus grande métropole du Sud de l’Italie est traversée par des profonds contrastes reconnus par l’Évêque de Rome: la vivacité d'une religiosité populaire «spontanée et effervescente», la beauté emblématique de ses ruelles et de ses places, mais aussi les blessures laissées par la violence, le chômage des jeunes, le décrochage scolaire et les fragilités familiales.
Tant de blessures qui transparaissent dans la «négligence» des rues, des banlieues et des coins oubliés, et qui rendent encore plus urgente la présence «concrète et solidaire» d’une Église proche des personnes et de leurs vies. Loin d’une foi réduite «à quelques événements émotionnels», Léon XIV appelle à un témoignage capable d’habiter le quotidien, et de se laisser traverser par cette «joie» authentique que le Souverain pontife reconnaît chez le peuple napolitain. «Aujourd’hui, je suis ici aussi pour me laisser gagner par cette joie», a confié le Pape dans son discours, précédé de plusieurs temps de prière et de la lecture d’un passage de l’Évangile selon saint Luc (Lc 24, 13-31).
«La vie à Naples n’a jamais été facile»
Léon XIV n’a pas tari d’éloges sur les richesse artistiques et culturelles de la ville napolitaine, «située au cœur de la Méditerranée et habitée par un peuple unique et joyeux, malgré le poids de tant de difficultés». Il a rappellé les paroles adressées par le Pape François aux habitants de la capitale de la Campanie lors de sa rencontre avec la population de Scampia en mars 2015: «La vie à Naples n’a jamais été facile, mais elle n’a jamais été triste! C’est cela votre grande ressource: la joie, la gaieté».
Cette joie intrinsèque au peuple napolitain ne permet pas toujours de relever les défis du quotidien. L’Église et les prêtres sont donc appelés à écouter les histoires de la ville, à capter celles qui ont le plus besoin d’être entendues, à offrir des perspectives d’espérance et à encourager «le choix du bien».
Face à l’ampleur de la tâche qui incombe aux paroisses s’ajoute un sentiment d’impuissance et de désarroi lorsque les actions «semblent inadaptées aux nouvelles questions et aux nouveaux défis d’aujourd’hui» en particulier concernant la jeunesse. La charge humaine et pastorale risque de «peser, d’épuiser, d’user nos énergies », souvent aggravée par la solitude et l’«isolement pastoral», reconnaît le Pape. Pour y répondre, Léon XIV invite à «prendre soin» de sa relation personnelle avec le Seigneur, «afin de ne pas réduire le ministère à une simple fonction à accomplir», mais aussi de faire preuve de fraternité et de communion.
S'inspirer de l'Évangiler pour renouveler Naples
Les laïcs sont également invités à témoigner, aux côtés des prêtres et religieux, de la présence concrète de l’Église. Léon XIV encourage l’ensemble des catholiques napolitains à concevoir et proposer des parcours capables de «s’inspirer de l’Évangile pour renouveler Naples». Un parcours à accomplir en s’en remettant aussi aux nombreux saints et saintes que la ville parthénopéenne a suscités au cours de son histoire, à commencer par son saint patron, saint Gennaro.
«Vous faites partie d’une histoire d’amour – celle du Seigneur pour son peuple – qui a commencé avant vous et ne s’achève pas avec vous; vous en faites partie en tant que maillons uniques et indispensables; vous en faites partie pour que, même au cœur de l'obscurité la plus profonde, vous puissiez allumer une lumière» a conclu le Pape.
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