Léon XIV visite la maison de retraite "Santa Marta" à Castel Gandolfo, le 21 juillet 2025. Léon XIV visite la maison de retraite "Santa Marta" à Castel Gandolfo, le 21 juillet 2025.  (ANSA)

Aux grands-parents, Léon XIV rappelle que Dieu «n’oublie jamais» ses enfants

À l’occasion de la VIe Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, célébrée le 26 juillet prochain, le Pape adresse un message d’espérance aux personnes âgées du monde entier. S’appuyant sur les paroles du prophète Isaïe, «Moi, je ne t’oublierai jamais», l’Évêque de Rome dénonce la culture de l’oubli qui frappe de nombreux aînés. Il invite l’Église ainsi que les familles à redécouvrir la richesse de leur présence et de leur vocation.

Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican

À l’occasion de cette journée instituée par le Pape Francois en l’honneur des personnes agées, le message de Léon XIV s’ouvre sur la promesse de Dieu rapportée par le prophète Isaïe: «Moi, je ne t'oublierai jamais». Une affirmation que le Pape présente comme une source de «consolation et de confiance» pour tous ceux qui éprouvent la solitude ou le sentiment d’être abandonnés à cause de l’age. «Aujourd’hui encore, nous pouvons lire ces paroles comme s’adressant à chacun de nous, et chacun peut entendre ce "Je ne t’oublierai jamais" qui lui est destiné.», écrit-il, rappelant que Dieu a «gravé nos visages sur la paume de ses mains», et que «son amour est plus grand que celui d’une mère pour son enfant». Face au cri de ceux qui pensent que «leur vie n’intéresse personne», le Saint-Père souligne que ce sentiment d’abandon est particulièrement fréquent chez les personnes âgées. «Le sentiment douloureux d’être oublié est malheureusement commun à beaucoup de personnes, parmi lesquelles bon nombre sont des personnes âgées», constate le Pape.

Contre la culture de l’oubli

Le Pape déplore que, dans de nombreuses situations, «un voile» semble recouvrir la vie des personnes âgées jusqu’à en effacer les traits et l’histoire. Cette réalité se manifeste dans les «foyers où règne la solitude, ainsi que dans ces lieux d’accueil où la singularité de chaque personne risque d’être réduite au numéro de son lit ou à sa pathologie». Face à cette culture de l’anonymat, Léon XIV rappelle que l’amour de Dieu «se propose comme un acte de justice» et une réponse à toutes les formes d’exclusion.

“La célébration de la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées est l’occasion de redécouvrir que l’Église est appelée à être la mère de tous et qu’à tout âge, il est toujours possible de se découvrir fils et filles de Dieu.”

À travers cette idéale, Le Pape adresse notamment un appel aux plus jeunes afin qu’ils renouent avec «la belle habitude de rendre visite à leurs grands-parents, aux personnes âgées de la famille, ainsi qu’à ceux qui ne reçoivent aucune visite». «Apportez-leur, par ce message et par votre présence, la proximité et l’affection du Pape», demande-t-il, souhaitant que les paroles du prophète Isaïe: «"Moi, je ne t’oublierai jamais" prennent la forme d’une rencontre tendre et affectueuse». Le Saint-Père souligne également que, malgré les possibilités offertes par les nouvelles technologies, «le cœur humain conserve un besoin irréductible de proximité».

La vieillesse, moment propice pour reprendre une vie spirituelle

Léon XIV reconnaît les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontées les personnes âgées: les préjugés, l’isolement, l’affaiblissement des liens familiaux ou encore les conséquences des migrations et des conflits qui séparent les générations. Pourtant, il invite à regarder la vieillesse comme un temps spirituellement fécond. Même lorsque la foi n’a pas marqué toute une existence, «l’âge avancé, à partir des questions que l’on se pose avec plus d’acuité à cette période de la vie, peut devenir le moment propice pour commencer ou reprendre une vie spirituelle».

Le Pape rappelle alors que Dieu demeure proche de chacun, avec un amour à la fois paternel et maternel. Citant saint Augustin, il affirme que Dieu «est mère parce qu’il réchauffe, parce qu’il nourrit, parce qu’il allaite, parce qu’il protège». Cette certitude aide à accueillir la fragilité sans honte et à comprendre que «nous avons tous, toujours, besoin les uns des autres et que nous sommes tous en quête d’attention et de soins».

«N’ayez pas peur de la fragilité»

S’adressant directement aux personnes âgées, que le Pape François qualifiait de «nouveau peuple», Léon XIV les exhorte à ne pas craindre la faiblesse qui accompagne parfois l'âge. «N’ayez pas peur de la fragilité!», écrit-il. Loin d’être uniquement une limite, cette condition de fragilité recèle «un nouveau potentiel» capable d’éclairer toute la société. Lorsqu’elle est accueillie, la fragilité «ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir: la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la paix véritable». Le Souverain pontife voit dans cette expérience une invitation à renoncer aux logiques de domination et de puissance pour emprunter les chemins de la réconciliation.

Dans la dernière partie de son message, Léon XIV relie la mission des personnes âgées à la situation du monde actuel, marqué par «la violence guerrière et sociale». Évoquant les inquiétudes de nombreux grands-parents pour l’avenir de leurs petits-enfants, il les invite à s’unir à lui dans une prière insistante «afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier». Il remercie enfin les personnes âgées pour leur soutien spirituel quotidien, notamment à travers la récitation du Rosaire.

“Que le Seigneur nous renouvelle toujours dans la foi, l’espérance et la charité, Lui qui ne nous oublie jamais !”

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15 juin 2026, 12:55