Le Pape encourage une communication au service du bien commun
Myriam Sandouno et Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
Dans la capitale rwandaise, Kigali, le Congrès mondial de SIGNIS organisé pour la première fois en Afrique, a débuté ce mardi 4 août, réunissant des communicateurs catholiques de plus de 40 pays répartis sur les cinq continents, pour cet événement de six jours. À cette occasion, un message du Pape, signé par le cardinal Secrétaire du Saint-Siège, Pietro Parolin, a été lu par le nonce apostolique au Rwanda, Mgr Arnaldo Sanchez Catalan.
Recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine
Léon XIV espère que les différentes réflexions des participants sur le thème «La communication numérique au service de l’harmonie culturelle et du bien-être environnemental» «chercheront à promouvoir des stratégies et des outils de communication inspirés par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine».
Ainsi, soutient le Souverain pontife, «votre travail contribuera à l’émergence d’une culture qui reflète les valeurs évangéliques de communion, de paix et de gestion responsable de l’environnement».
Le bien commun de la famille humaine
Dans ce message, le Pape rappelle combien «notre époque est souvent qualifiée d’ère numérique, car une grande partie de nos vies est régie par les technologies numériques et Internet». En effet, dans l’encyclique Magnifica Humanitas, Léon XIV fait comprendre que «la communication en ligne n’est pas simplement la transmission d’informations», mais aussi «la création d’une culture, car elle a le pouvoir de façonner la manière dont les personnes perçoivent le monde et influence ainsi profondément la conscience collective».
Léon XIV adresse dans la note ses salutations cordiales et assure de sa proximité spirituelle à tous les participants confiés à l’intercession de Marie, Mère de l’Église. Tout en espérant que «vos délibérations contribueront à donner un nouvel élan pour que les plateformes de communication favorisent le bien commun de la famille humaine».
Se regarder les uns les autres
Aussitôt après la lecture du message de Léon XIV, un message vidéo du préfet du dicastère pour la Communication, a été diffusé dans la salle de l’hôtel Sainte Famille – où se déroule l’événement. Paolo Ruffini s’est dit reconnaissant pour des rencontres, comme celle-ci organisée par SIGNIS, qui «nous rappellent ce que notre monde numérique oublie souvent: la communication ne commence pas par la technologie, mais par les personnes».
Le préfet s’est particulièrement attardé sur ce point, en se référant à l’actualité, à ces «temps difficiles» marqués par «les guerres, la polarisation, la désinformation et une méfiance croissante». Des temps, également, où, pour la première fois, «nous disposons d’outils puissants» pour entrer en contact les uns avec les autres. «Pourtant, une simple connexion numérique n’équivaut pas à une relation fondée sur la communion», a déclaré Paolo Ruffini. «Se regarder à travers un écran n’est pas exactement la même chose que de se serrer la main et de sentir la chaleur d’une présence».
Le virus de l’isolement et de la fragmentation
Parallèlement à une connexion croissante, a-t-il poursuivi, «on a en effet assisté à la montée du "virus de l’isolement", de la fragmentation et de la fausse intimité, façonnée par les algorithmes plutôt que par une véritable rencontre». «Un "j'aime" numérique ne vaut pas un sourire en face à face», a souligné le préfet. C’est pourquoi la mission des communicateurs catholiques, appelés à instaurer la confiance et à démontrer qu’«une autre façon de communiquer est possible», devient fondamentale.
Certes, la technologie est indispensable et l’intelligence artificielle continuera à transformer nos sociétés de manière extraordinaire. Mais au fond, une question simple mais décisive se pose: «Quel genre d’êtres humains choisissons-nous de devenir en l’utilisant?». «Cela dépend de nous», a affirmé Paolo Ruffini. «L’IA sait calculer. Elle sait organiser les informations. Elle sait nous aider. Elle sait aussi imiter le langage. Mais elle ne peut pas remplacer la vraie sagesse, qui naît de la liberté, de l’expérience personnelle, de la responsabilité et, surtout, de l’amour.»
Être et rester les auteurs de notre histoire
Alors, «nous ne devons jamais laisser les algorithmes écrire notre histoire. Nous en sommes et devons en rester les auteurs ». Comme l’ont affirmé le Pape François avant lui et le Pape Léon XIV ensuite, «nous sommes appelés à sauvegarder la personne humaine, à préserver les voix et les visages humains». Ce qui ne signifie pas «les conserver dans un musée», mais «en prendre activement soin, cultiver l’esprit critique, préserver des espaces de dialogue et veiller à ce que la technologie reste toujours au service de la personne humaine». C’est une tâche ardue et, pour la mener à bien, il faut «un réseau mondial pour valoriser et soutenir les bonnes formes de communication et une information fiable». Dans le même temps – et les Papes l’ont toujours réaffirmé –, il faut des entrepreneurs et des ingénieurs de l’information «courageux» pour «façonner un meilleur écosystème mondial de communication numérique».
Au service de la vérité et non du profit
SIGNIS peut jouer un rôle essentiel dans cette mission. «SIGNIS ne devrait jamais être une bureaucratie ecclésiastique, mais un réseau de personnes, un réseau de professionnels partageant la même foi», a déclaré Paolo Ruffini. «SIGNIS devrait être un lieu où s’établissent des relations de confiance, où l’on partage des informations véridiques et où l’on élabore des initiatives de qualité». Une communauté, donc, où puisse prendre forme «le rêve d’un écosystème de communication différent», où les diversités se transforment en dialogue, où le désaccord ne détruit pas la fraternité et où l’on puisse imaginer «un modèle économique de la communication différent». Toujours «au service de la vérité» et jamais au service de la «maximisation des profits» ou du «simple consensus».
Le préfet du dicastère pour la Communication encourage donc à «construire des ponts», à «créer des rencontres» et à «donner de la place aux visages et aux voix humaines dans un monde de plus en plus numérique». Car la plus grande innovation à offrir aux sociétés ne sera pas «une machine plus intelligente», mais «une manière plus humaine de communiquer».
Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici.
