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«La technologie doit servir à défendre les êtres humains», affirme une avocate

En marge de l’Assemblée mondiale des lauréats du prix Nobel à Castel Gandolfo, qui s’est conclue par la signature de la «Déclaration de Rome pour une paix sans armes et le désarmement», Oleksandra Matviichuk, défenseuse ukrainienne des droits humains, s’est entretenue avec Vatican News sur la nécessité de réformer les organisations intergouvernementales et de faire passer l’être humain avant la technologie afin de promouvoir la paix et de ralentir la course aux armements.

Isabella H. de Carvalho - Cité du Vatican

Alors que les guerres et les conflits continuent de ravager des États à travers le monde, Oleksandra Matviichuk, directrice du Centre pour les libertés civiles – une organisation qui défend les droits humains et la démocratie en Ukraine et qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2022 – insiste sur la nécessité de réformer les organisations intergouvernementales et de faire passer les êtres humains avant le progrès technologique. «Nous vivons une époque très troublée où l’ordre mondial fondé sur la Charte des Nations unies et le droit international s’est effondré», a-t-elle souligné.

«L’une des principales questions qui se posent aujourd’hui est la suivante », a-t-elle demandé: «Comment allons-nous, nous qui vivons au XXIe siècle, défendre les êtres humains, leur vie, leur liberté et leur dignité humaine? Pouvons-nous compter sur le droit ou seule la force brute compte-t-elle?» «Nous devons évaluer le rôle des technologies à l’aune de la manière dont elles répondent à ces questions.»

Oleksandra Matviichuk, avocate et défenseuse des droits de l’homme, s’est entretenue avec Vatican News en marge de l’Assemblée mondiale des lauréats du prix Nobel sur l’intelligence artificielle et la guerre nucléaire, qui s’est tenue au Borgo Laudato Si’ («Village Laudato Si’») dans les jardins pontificaux de Castel Gandolfo, à environ une heure de Rome.

Cet événement, qui s’est déroulé du 14 au 16 juillet, a réuni plus de 200 lauréats du prix Nobel, experts et universitaires, qui se sont retrouvés pour des tables rondes avant de signer la «Déclaration de Rome pour une paix sans armes et fondée sur le désarmement» sur la colline du Capitole, à Rome.

L'avocate est intervenue lors d’une session consacrée au thème «La technologie au service de l’humanité» et à l’utilisation de l’IA dans les systèmes d’armes nucléaires. Le Centre pour les libertés civiles œuvre en effet à l’affirmation des droits humains, de la démocratie et de la solidarité en Ukraine et dans la région de l’OSCE, et s’est également attaché à documenter les crimes de guerre depuis le début de l’invasion à grande échelle menée par la Russie en février 2022.

Nous devons parler davantage d’humanité et réformer l’ONU

Pour Oleksandra Matviichuk, afin de freiner l’utilisation de l’IA dans les conflits et la course aux armements qui affecte actuellement notre monde, nous devons d’abord repenser ce que signifie être humain. «Nous avons trop parlé de technologies et trop peu d’humanité», a-t-elle souligné. À cet égard, elle qualifie également de «document très important» l’encyclique Magnifica humanitas du Pape Léon XIV, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. «Je suis très heureuse qu’elle ait été publiée à cette époque où nous n’avons ni réponses juridiques, ni réponses éthiques, mais où l’humanité a besoin de clarté», a-t-elle déclaré. «Je suis très reconnaissante que Sa Sainteté accorde toute son attention au rôle de l’IA et des nouvelles technologies, aujourd’hui et à l’avenir.»

Pour Oleksandra Matviichuk, la deuxième étape pour changer la manière dont l’IA est utilisée dans les conflits consiste à réglementer cette technologie avant qu’il ne soit trop tard. «J’ai parfois l’impression que nous sommes en train de perdre cette bataille sans même y avoir pris part», a fait remarquer Oleksandra Matviichuk. Elle a également souligné qu’une «réforme en profondeur du système des Nations unies» était nécessaire pour promouvoir la paix à travers le monde. «Nous ne pouvons pas protéger les populations contre la violence de masse, l’autoritarisme et les guerres. Cela ne concerne pas seulement les habitants de l’Ukraine, du Soudan, de la Birmanie, du Nicaragua, du Venezuela ou de Gaza. C’est devenu une réalité pour tout le monde, quel que soit l’endroit où l’on vit», a-t-elle déclaré.

L'avocate s’est dite ravie d’avoir eu l’occasion de se réunir avec des experts et des intellectuels issus de différents domaines et pays pour discuter de ces «questions urgentes qui définiront notre avenir commun». Elle a déclaré avoir des «attentes modérées» quant à l’impact de la conférence et de la Déclaration de Rome qu’ils ont signée, soulignant que «tout dépendra du suivi».

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17 juillet 2026, 11:02