Conséquences des inondations et des glissements de terrain qui ont fait des centaines de victimes à Sumatra. Conséquences des inondations et des glissements de terrain qui ont fait des centaines de victimes à Sumatra.  (ANSA)

Le Saint-Siège plaide pour une approche du développement «au-delà du PIB»

Lors du Forum politique de haut niveau des Nations unies sur le développement durable, la Mission permanente d’observation a appelé la communauté internationale à repenser les critères d'évaluation du développement des petits États insulaires en développement (PEID). À New York, ce 9 juillet, la délégation a aussi défendu une approche centrée sur la dignité humaine et le développement intégral.

Augustine Asta – Cité du Vatican

Ouvert le 6 juillet au siège des Nations unies à New York, le Forum politique de haut niveau des Nations Unies (FPHN), organisé sous l'égide du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), se poursuivra jusqu'au 16 juillet. Cette édition est placée sous le thème «Des mesures transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées en faveur de l'Agenda 2030 pour le développement durable et de ses objectifs de développement durable, pour un avenir durable pour tous». Principale plateforme des Nations unies consacrée au développement durable, le FPHN constitue un cadre essentiel pour le suivi et l'évaluation de la mise en œuvre de l'Agenda 2030 et de ses Objectifs de développement durable (ODD). Il réunit les États membres de l'ONU ainsi que des représentants de la société civile. 

À l'occasion du débat du FPHN consacré aux stratégies pour atteindre les ODD dans les petits États insulaires en développement (PEID), le Saint-Siège a insisté dans une déclaration ce 9 juillet, sur la nécessité de dépasser les critères économiques traditionnels pour mieux répondre aux défis auxquels ces États sont confrontés. Prenant la parole devant les États membres des Nations unies, la Mission d'observateur permanent du Saint-Siège a rappelé que les PEID constituent «un cas particulier en matière de développement durable compte tenu de leurs vulnérabilités uniques», soulignant que les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels ils font face sont étroitement liés.

L'Agenda d'Antigua-et-Barbuda

Le Saint-Siège a salué l'Agenda d'Antigua-et-Barbuda pour les PEID (ABAS), «fournit un cadre important pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux interdépendants auxquels ces pays sont confrontés». Cependant, pour «accélérer les progrès vers la réalisation des ODD dans les PEID, il ne suffit pas d’un cadre solide», a soutenu la délégation. «Les efforts de développement doivent également rester fermement centrés sur la dignité de la personne humaine, donnée par Dieu, et sur la promotion du développement humain intégral», a déclaré la Mission.

Dépasser le PIB comme indicateur de développement

Selon le Saint-Siège, les indicateurs économiques conventionnels ne rendent pas pleinement compte des réalités auxquelles sont confrontés les PEID. Car, ils ne reflètent pas de «manière adéquate les vulnérabilités uniques et souvent cachées des PIED». Dans sa récente lettre encyclique Magnifica Humanitas, le Pape Léon XIV appelle la communauté internationale à dépasser les indicateurs de développement liés au produit intérieur brut (PIB), qui «presque systématiquement, néglige des aspects essentiels du bien-être global des personnes et de l’environnement», a rappelé la délégation. Et d’ajouter, citant encore Magnifica Humanitas, que «l’introduction de nouveaux paramètres permettra d’évaluer, avec une vision large et adaptée à notre époque, les effets des décisions législatives et réglementaires sur la dignité du travail, la prospérité partagée, la réduction des inégalités et la protection de l’environnement.»

Une attention particulière aux vulnérabilités climatiques

Pour le Saint-Siège, cette évolution est particulièrement pertinente pour les PEID, régulièrement confrontés aux catastrophes climatiques, à la dégradation de l'environnement et aux chocs économiques extérieurs. Autant de facteurs qui révèlent, selon la délégation, des fragilités que le seul PIB ne permet pas d'appréhender.

La Mission a également indiqué suivre avec intérêt les travaux du Groupe d'experts de haut niveau «au-delà du PIB», ainsi que le futur processus intergouvernemental consacré à l'élaboration de nouveaux indicateurs de progrès en matière de développement durable. Pour finir, le Saint-Siège a réaffirmé que «la voie vers une prospérité résiliente et durable pour les PEID (...) réside dans la volonté de la communauté internationale d'adopter une approche véritablement intégrale du développement humain plutôt que de se limiter à des statistiques économiques».

Les petits États insulaires, en chiffres

Les petits États insulaires en développement (PEID) regroupent 38 États Membres des Nations unies ainsi que 20 États non membres ou membres associés de commissions régionales de l’ONU. Repartis entre les Caraïbes, le Pacifique et la région Atlantique–océan Indien–mer de Chine méridionale (AIMS), ces territoires partagent une même réalité, à savoir une forte vulnérabilité aux chocs économiques, sociaux et environnementaux. Cette situation particulière leur a valu d’être reconnus, dès 1992, comme une catégorie à part entière de pays en développement lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, organisée à Rio de Janeiro.

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10 juillet 2026, 12:52