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Des religieux et religieuses de l'archidiocèse d'Abidjan - Côte d'Ivoire. Des religieux et religieuses de l'archidiocèse d'Abidjan - Côte d'Ivoire. 

Vie consacrée: trois religieuses d'Afrique témoignent de la fidélité de Dieu

Lundi 2 février 2026, l’Église universelle célèbre la 30e Journée mondiale de la vie consacrée. Pour l’occasion, des religieuses, ivoirienne, malienne et sénégalaise, ayant plusieurs décennies de vie consacrée témoignent de la «présence aimante» et «la fidélité» de Dieu dans le vécu de leur vocation religieuse, en dépit des difficultés.

Françoise Niamien - Cité du Vatican

Instituée le 6 janvier 1997 par saint Jean-Paul II, la Journée mondiale de la vie consacrée est célébrée chaque année le 02 février. Cette initiative fait suite à l’Année de la vie consacrée (1994-1995) et à l’Exhortation apostolique post-synodale, Vita Consecrata. À la faveur de cette Journée, les médias du Vatican ont recueilli les témoignages de trois religieuses, les sœurs Angelina Aka, de la congrégation des sœurs Notre-Dame de la Paix en Côte d’Ivoire, Esther Thera, de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie, au Mali et Caroline Marie M’Bengue, de la congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie, au Sénégal. Point commun de ces trois religieuses africaines: une vocation née de l’admiration du mode vie et de l’action d’autres religieuses en service dans leurs pays.

Sœur Angelina Aka de congrégation des sœurs Notre Dame de la Paix - Côte d'Ivoire
Sœur Angelina Aka de congrégation des sœurs Notre Dame de la Paix - Côte d'Ivoire
Entretien avec sœur Angelina Aka

«62 ans de vie consacrée, un mystère»

Pour sœur Angelina Aka, 80 ans, tout commence à l’âge de 10 ans. Alors qu’elle est une petite écolière, Angelina est séduite par la «robe blanche» de la directrice de son école, une religieuse de la congrégation française des Sœurs de la Providence de la Pommeraie. «II y avait quelque chose de spécial en toutes ces religieuses qui m’attirait: leur vie communautaire, leur joie de prendre soin de l’autre surtout l’attention accordée aux pauvres, aux malades. Je me suis dit intérieurement ceci : je veux être comme ces femmes», confie celle qui totalise aujourd'hui 62 ans de vie consacrée.
En Côte d’Ivoire, cette religieuse fait partie de la courte liste des toutes premières de la congrégation des Sœurs Notre Dame de la Paix, la première congrégation autochtone créée 1965 par feu le cardinal Bernard Yago. Une congrégation qu’elle rejoint aussitôt, après ses premiers vœux au sein de la congrégation française des Sœurs de la Providence de la Pommeraie, en 1964 alors qu’elle avait 18 ans. «J’ai bien l’impression que je vis un mystère. Qu’ai-je fait pour mériter cette grâce de Dieu ?», s’interroge la religieuse ivoirienne qui reste cependant formelle: «s’il m’est donné de recommencer, je rechoisirai la vie consacrée».

«Le Seigneur m’a véritablement séduite et je me suis laissée séduire. Et je ne regrette pas de m’être donnée à Lui». Pourtant, pour celle qui a été à deux reprises supérieure générale sa congrégation, la vie religieuse n’est pas un long fleuve tranquille. Mais en toute occasion, assure-t-elle, le consacré peut compter sur la fidélité de Dieu. «Quand Dieu t’appelle, il te donne sa grâce. Pour tout religieux, c’est une assurance que le Seigneur est avec nous au plus fort des difficultés qui pourraient subvenir dans notre marche sur le chemin de la vie religieuse».

Sœur Esther Thera , supérieure générale de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie - Mali.
Sœur Esther Thera , supérieure générale de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie - Mali.
Entretien avec sœur Esther Thera

«Une histoire d’amour et de fidélité du Seigneur»

À Bamako, sœur Esther Thera, à 58 ans expérimente elle aussi cette présence rassurante du Christ. «Sans Lui, je n’en serai pas ici aujourd’hui» affirme-t-elle avec émotion celle qui célèbre 35 ans de vie religieuse. «Je continue d’expérimenter l'amour, la bonté et la douceur miséricordieuse du Seigneur». Au-delà des difficultés et des joies de la vie consacrée, sœur Thera dit s’être toujours abandonnée à la volonté du Christ qui l’a toujours portée. Enfant, elle côtoyait les religieuses de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie, à Bamako, au Mali fondé en 1934 à Kita par Mgr Paul Marie Molin. La vie consacrée, selon sœur Esther qui a intégré cet institut en 1990, est une vie d'amour avec le Seigneur. «Je le sais du plus profond de moi, ma vie est la marque d’une histoire d’amour et de fidélité du Seigneur». Don de soi au Seigneur, accueil de ses frères et sœurs et annonce de la Bonne Nouvelle du salut, c’est bien ainsi que la supérieure générale de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie de Bamako, définit ses 35 années de vie consacrée. Pour la suite du chemin, sœur Esther supplie le Seigneur de toujours lui donner «cette force, cette joie de le servir», et de renouveler en elle, «l'enthousiasme de mon premier engagement, afin que je puisse continuer le chemin, en étant une religieuse selon ton cœur».

Sœur Caroline Marie MBengue, supérieure générale de la congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie, au Sénégal
Sœur Caroline Marie MBengue, supérieure générale de la congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie, au Sénégal
Entretien avec sœur Caroline Marie Mbengue


Comme sa consœur malienne, sœur Caroline Marie N’Bengue, 58 ans, qui dirige la congrégation des filles du Saint-Cœur de Marie, au Sénégal a «un sentiment de profonde gratitude et de reconnaissance à la fidélité et à l'amour inconditionnel de Dieu pour (sa) personne. Un sentiment de joie inestimable». Supérieure générale de cette congrégation depuis deux ans, sœur Caroline soufflera sa 34e bougie de vie consacrée cette année. Sa vocation est née de l'admiration des religieuses missionnaires dévouées avec charité, compassion et simplicité auprès des populations de son village, sans distinction de religions.

Toutefois, son désir d’une vie consacrée sera confronté à une forte opposition de sa famille. «Je suis l’unique fille. Et comme telle, dans l'esprit de mes parents, je devais préserver la lignée familiale. Donc l'annonce de mon désir d’être religieuse les a plongés dans un profond déchirement». Si ceux-ci finissent par accepter son choix, la religieuse sénégalaise estime que «l’Esprit a fait ce qu’il avait à faire». «Un jour, confie-t-elle, ma mère m’a dit qu’elle était contente du fait que Dieu ait pris le dessus. Que sa volonté l’ait emporté sur leur désir de me voir mariée et de fonder une famille». Depuis cette époque, les prières et le soutien de sa famille ne lui ont jamais fait défaut. «J’ai toujours cette ferme conviction que l'Esprit Saint a été à l’œuvre et continuera de l’être face aux difficultés que l’on peut rencontrer dans la vie religieuse. L'Esprit Saint est à l'œuvre et il est au-delà des forces invisibles», affirme la supérieure générale de la congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie, fondée en 1858 à Dakar au Sénégal.

Des témoins de la fidélité du Seigneur
Des témoins de la fidélité du Seigneur


Pour cette 30e journée, les trois religieuses africaines exhortent tous les consacrés à continuer leurs missions en gardant la foi en Dieu, en dépit des difficultés. «En considérant le Christ comme le centre de notre vie, nous pouvons contribuer à réveiller notre monde, à inviter les hommes à l'espérance, à faire confiance à Dieu et croire qu’Il nous aime et ce, à jamais», exhorte sœur Thera. Et malgré ses 80 ans, sœur Aka reste toujours disponible pour la mission. «Je ne sais pas à quel moment prendra fin mon voyage sur la terre des hommes. Cependant, pour le temps qui me reste qu'Il m'accorde la santé, la persévérance pour aller jusqu'au bout, comme lui-même a été jusqu'au bout sur le chemin de la croix».

 

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30 janvier 2026, 16:48