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2026.02.26 Le Suore della Provvidenza di San Gaetano a Kandi

Bénin: à Kandi, les Sœurs font de l’éducation des filles un levier d’espérance

Présentes dans le diocèse de Kandi, au nord du Bénin, depuis 2005, les Sœurs de la Providence de saint Gaétan placent la promotion de la jeune fille au cœur de leur mission. Internat, suivi d’écoles rurales, accompagnement spirituel et pastoral: leur engagement vise à offrir aux adolescentes des villages un avenir fondé sur l’éducation, la dignité et la foi.

Sœur Chibi Natacha Dato SLC - Cité du Vatican

Chaque année, des dizaines de jeunes filles issues des zones rurales sont accueillies à l’internat tenu par les religieuses. Un lieu d’hébergement, mais surtout un espace de stabilité et de sécurité permettant la poursuite des études. «Notre mission à Kandi est claire : permettre aux jeunes filles, surtout celles des villages, de poursuivre leurs études dans des conditions dignes et sécurisées», explique Sœur Hortense Domboué, responsable de la communauté.

Outre la gestion de l’internat, les religieuses assurent le suivi de onze écoles primaires rurales, avec le soutien d’un groupe d’amis basé à Houdini, en Italie. Certaines interviennent également dans des collèges catholiques où elles dispensent des cours de religion et de philosophie. Une approche éducative intégrale, car, souligne Sœur Hortense, «former l’intelligence sans former le cœur serait incomplet. Notre présence vise aussi la croissance humaine et spirituelle des élèves».

Un engagement enraciné dans le charisme fondateur

La mission éducative des Sœurs de la Providence s’inscrit dans l’histoire même de la congrégation. Fondée en 1837 autour de l’accueil de jeunes filles orphelines dans une ferme appelée «La Maison des abandonnées», la famille religieuse a fait de la promotion féminine un axe central de son identité. «Dès lors, la promotion de la jeune fille et de la femme constitue un axe identitaire fort pour l’institut», rappelle sœur Hortense Domboué.

À Kandi, cet héritage se traduit par un accompagnement attentif des adolescentes jusqu’au baccalauréat, et si possible vers l’université, afin d’ouvrir des perspectives nouvelles au-delà des limites sociales et économiques.

Éduquer en enracinant dans la foi

Pour les religieuses, l’éducation ne peut être dissociée de la dimension spirituelle. «Sans Dieu, nous ne sommes rien», affirme Sœur Hortense. À l’internat, la prière quotidienne, la récitation du chapelet et l’initiation à une vie chrétienne structurée font partie intégrante du projet éducatif. L’objectif est d’«aider les jeunes filles à grandir dans la confiance, à dépasser les peurs liées aux croyances traditionnelles ou à la pression sociale, et à placer Dieu au centre de leur existence». La foi apparaît ainsi comme un levier d’émancipation intérieure, favorisant la liberté, la confiance en soi et la responsabilité.

Une présence pastorale au cœur de la communauté

L’engagement des Sœurs de la Providence dépasse le cadre scolaire. Elles participent activement à la pastorale paroissiale à travers l’animation des enfants et des jeunes, l’accompagnement vocationnel et le soutien aux familles. «Nous assurons également la visite hebdomadaire des malades dans les quartiers, leur portant la communion, manifestant ainsi la proximité ecclésiale envers ceux qui souffrent», confie la religieuse. Leur action s’inscrit dans un travail en réseau, en collaboration avec les autorités éducatives locales et avec les Salésiens de Don Bosco, eux aussi engagés dans le champ éducatif.

Les filles de l'internat des Soeurs de la Providence de Saint Gaëtant
Les filles de l'internat des Soeurs de la Providence de Saint Gaëtant

Des défis culturels persistants

Malgré les progrès réalisés, les obstacles demeurent. L’analphabétisme de certains parents limite la compréhension de l’importance d’une scolarisation prolongée pour les filles. Les mariages précoces constituent également une pression sociale réelle. Sœur Hortense évoque aussi un défi d’ordre culturel: «Beaucoup se projettent essentiellement dans les métiers d’enseignante ou d’infirmière, sans envisager des études universitaires poussées ou des carrières diversifiées». Les religieuses multiplient donc les initiatives de sensibilisation pour encourager l’excellence académique et élargir les horizons professionnels.

Un appel à la solidarité

Conscientes des exigences financières qu’implique une formation de qualité, les Sœurs lancent un appel au soutien des fidèles et des personnes de bonne volonté. «L’internat ne peut aujourd’hui fonctionner de manière autonome sans aides extérieures. Notre ambition est que chaque jeune fille accueillie puisse obtenir le baccalauréat et poursuivre des études supérieures», explique sœur Hortense. À travers cette œuvre éducative, les Sœurs de la Providence de saint Gaétan contribuent, année après année, à transformer durablement le tissu social du diocèse de Kandi, en faisant de l’éducation des filles un véritable chemin d’espérance pour toute la communauté.

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28 février 2026, 10:08