Témoigner de l’espérance: le triple jubilé des Pères SMA et des Sœurs NDA
Jean-Paul Kamba, SJ, et Paul Samasumo — Cité du Vatican
Dans une interview conjointe accordée à Vatican News, les responsables des deux congrégations, Sœur Mary T. Barron, supérieure générale des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, et le Père François Marie Hervé du Penhoat, supérieur général de la Société des Missions Africaines, ont réfléchi aux nouveaux défis de la mission dans un monde en constante évolution.
Un héritage de collaboration
Le triple jubilé des communautés NDA et SMA à travers le monde est commémoré par des pèlerinages, des prières communes, une formation continue, des conférences et des initiatives missionnaires collaboratives. Initialement fondées pour l’évangélisation du continent africain, les deux congrégations partagent une racine commune. A ce jour, cependant, elles sont devenues des institutions missionnaires mondiales. Après la fondation des SMA, la nécessité d’une présence féminine a rapidement été reconnue. «Pour une évangélisation efficace, les femmes étaient indispensables. On a pris conscience que les hommes et les femmes devaient travailler ensemble», se souvient le père du Penhoat.
Pape Léon XIV: des communautés qui sont une famille
Interrogée sur la rencontre des sœurs de NDA avec le Pape Léon XIV, Sœur Barron a déclaré que rencontrer le Saint-Père avait été un moment spécial pour toute la congrégation. «Nos responsables étaient venues de partout dans le monde. Elles étaient ici à Rome pour la réunion du conseil général. Et nous avons eu la grande chance d’avoir une audience avec le Pape. Beaucoup de nos sœurs travaillent et vivent dans des situations très difficiles. Plusieurs des pays où nos sœurs travaillent actuellement sont en proie à des conflits, comme le Liban en ce moment. Les encouragements que le Pape Léon a pu nous offrir ont été très significatifs», a expliqué Sœur Barron en soulignant, en outre, ce qui l’a marqué le plus, «c’est que le Saint-Père a cité notre fondateur, en parlant de l’esprit de famille qui doit régner parmi nous. Cela nous a rappelé, à nous missionnaires, que nous sommes avant tout une congrégation internationale — des sœurs de 21 pays différents vivant ensemble en communauté. — Nous devons cultiver cet esprit de famille, qui parle au monde d’aujourd’hui, surtout alors que nous vivons ensemble dans la paix et l’amour», a-t-elle ajouté.
De nouvelles façons d’être missionnaire
Pour le Père Penhoat, Supérieur général des SMA, les jubilés ne sont pas seulement l’occasion de se remémorer le passé et de rendre grâce, mais aussi de s’ouvrir aux nouvelles réalités et aux nouveaux défis missionnaires. L’objectif, a-t-il déclaré, est d’approfondir la réflexion et de renouveler le charisme missionnaire sur lequel les congrégations sont fondées.
Sœur Barron partage cet avis: «Je pense que nous vivons un moment très passionnant pour la vie religieuse missionnaire. L’Église devient plus synodale. Cet esprit missionnaire est crucial. Aujourd’hui, notre réponse pourrait inclure l’accompagnement des migrants, des femmes victimes de la traite à des fins d’exploitation, et un travail pastoral social accru — même si nos apostolats traditionnels dans les domaines de la santé et de l’éducation restent essentiels», a-t-elle souligné.
Face à la souffrance
La mission n’est pas sans défis. Sœur Barron est revenue sur l’événement traumatisant du 21 novembre 2025, lorsque des hommes armés non identifiés ont enlevé 315 écoliers et certains membres du personnel d’une école gérée par les Sœurs NDA au Nigeria. Les enlèvements à l’école primaire et secondaire St. Mary de Papiri, dans l’État du Niger, au Nigeria, ont été dévastateurs. Heureusement, tous les enseignants et les élèves ont finalement été secourus. Sœur Barron a appelé à la solidarité avec la population de Papiri et a exhorté chacun à ne pas oublier les communautés qui souffrent au Nigeria, soulignant que l’insécurité et les difficultés persistent.
Pourtant, l'heure n'est pas au découragement. Fidèles à l'esprit du Père Planque, les NDA et SMA choisissent la voie de la proximité et de la simplicité. «Notre fondateur était un homme très simple. Il voulait fonder une petite congrégation pour faire des petits gestes», explique Sœur Barron avant d’ajouter qu’il s’agit de «continuer de témoigner avec nos petits gestes, le petit impact qu’on peut avoir là où nous sommes». Et le Père du Penhoat de conclure avec une note d'espérance résolue: «Malgré tout ce contexte difficile, nous devons être des missionnaires de l’espérance... nous croyons que le bien va finir par gagner».
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