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Messe solennelle de la journée nationale des détenus le 12 avril en la paroisse saint Mathieu de Yopougon en Côte d'Ivoire. Messe solennelle de la journée nationale des détenus le 12 avril en la paroisse saint Mathieu de Yopougon en Côte d'Ivoire.  

Côte d’Ivoire: l’Église exhorte à plus de proximité envers les détenus

En chaque fête de la Divine miséricorde, l’Église en Côte d’Ivoire célèbre la journée nationale des détenus les confiant à la miséricorde de Dieu. À l’occasion de la 16e édition, dimanche 12 avril 2026 en la paroisse saint Mathieu de Yopougon, Mgr Bruno Essoh Yédoh, président de la commission épiscopale pour la pastorale sociale, a exhorté les fidèles à les soutenir par la prière et leur proximité.

Marcel Ariston Blé – Abidjan, Côte d’Ivoire

Le dimanche 12 avril, deuxième dimanche de Pâques, dans toutes les paroisses, et particulièrement en la paroisse saint Mathieu de Yopougon Cité verte qui accueillait la messe solennelle de la 16e journée nationale des détenus, des prières ont été élevées à leur intentions.

Un appel à une foi agissante et à la communion fraternelle

Dans son homélie lors de cette messe présidée par Mgr Jean-Jacques Koffi Oi Koffi, archevêque de Gagnoa, le père Germain Kalari, vicaire général de Katiola, a salué les efforts de la commission nationale en charge de la pastorale carcérale, tout en l’invitant à approfondir davantage son engagement. Selon lui, l’action en faveur des détenus ne saurait se limiter à une assistance matérielle. «Ce n’est pas seulement une question de collecte et de distribution de vêtements; tout commence par la foi», a-t-il souligné.

Poursuivant son exhortation, le père Kalari, a appelé le peuple de Dieu à vivre une communion fraternelle authentique, fondée sur le partage et la solidarité envers les plus éprouvés «la Parole de Dieu nous engage à témoigner du Christ ressuscité, là où nous sommes, en partageant nos ressources avec ceux qui sont dans l’épreuve», a rappelé le prêtre.

«J’étais en prison, et vous m’avez visité»: un impératif évangélique

Prenant la parole à l’issue de la messe, Mgr Bruno Essoh Yedoh, évêque de Bondoukou et président de la Commission épiscopale pour la pastorale sociale et du service du développement humain intégral, a rappelé la portée spirituelle de cette journée nationale des détenus. S’inspirant des Saintes Écritures, Mgr Yedoh a souligné que cette initiative de la Conférence des évêques catholiques de Côte d'Ivoire constitue une mise en pratique de l’enseignement du Christ: «J’étais en prison, et vous m’avez visité», appelant ainsi à la charité et à la proximité avec les détenus.

En outre, cette journée se veut une interpellation adressée à toute la communauté catholique et à toutes les personnes de bonnes volonté :«Il nous revient de porter dans la prière nos frères et sœurs détenus, de ne pas les oublier et de les soutenir afin qu’ils puissent, un jour, recouvrer leur liberté», a exhorté l'évêque en présence également des membres de la pastorale des prisons venus de tous les diocèses du pays et de nombreux fidèles.

Une présence ecclésiale au cœur de l’univers carcéral

Dans le prolongement de cette célébration, une délégation conduite par le père Norbert-Éric Abékan s’est rendue au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), la plus grande maison d’arrêt du pays. Cette visite pastorale a été marquée par des moments de prière, d’échange et de réconfort auprès des détenus.

S’adressant à ces derniers, le responsable de la sous-commission épiscopale Justice, Paix et Environnement a tenu à leur transmettre un message d’espérance: «derrière ces murs se trouvent des personnes humaines qui ont besoin d’amour et de réconfort. Dieu ne les a ni abandonnées ni enfermées; Il continue de les aimer».

Par ailleurs, le père Abekan a invité la société à déconstruire les stigmatisations associées à la condition carcérale «il est impératif de rompre avec les regards qui réduisent et marginalisent; la prison n’exclut pas l’humanité».

Des conditions de détention préoccupantes et des défis persistants

Engagé au quotidien auprès des détenus, le père George Yobouet, aumônier de la pastorale des prisons du diocèse de Yopougon, a mis en lumière la réalité difficile de la vie carcérale. Il évoque notamment des conditions de grande précarité, marquées par le manque de ressources essentielles «Les besoins primaires demeurent pressants: se nourrir, se soigner, accéder à l’eau potable». Face à ces défis, il insiste sur l’urgence d’une action pastorale orientée vers la dignité humaine et la réinsertion sociale «c’est d’abord d’humaniser et de redonner la dignité à ceux qui sont privés de liberté, leur redonner de l’espérance pour qu’au sortir de ces centres de détention ils puissent se réinsérer dans la vie sociale» a-t-il conclu.

Selon le ministère ivoirien de la justice et des droits de l’homme, la population carcérale en Côte d’Ivoire est estimée à 27 000 détenus pour 13 000 places dans les 41 prisons que compte le pays.

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15 avril 2026, 17:11