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Une personne âgée endormie à même le sol aux Philippines. Une personne âgée endormie à même le sol aux Philippines. 

Philippines: Mgr Alminaza souhaite une Église proche des pauvres

Dans un message pastoral, le président de Caritas souligne qu’à l’heure où le monde est confronté à une crise économique, due notamment aux tensions au Moyen-Orient, il est nécessaire que les prêtres et les laïcs s’engagent à adopter un mode de vie plus simple, en éliminant le superflu, afin de ne pas perdre la capacité d’écouter les personnes dans le besoin.

Vatican News

Pratiquer l'austérité et devenir une «Église des pauvres» à un moment où le monde est confronté à une crise économique due aux tensions au Moyen-Orient: telle est l'exhortation de Mgr Gerardo Alimane Alminaza, évêque de San Carlos et président de Caritas Philippines, contenue dans une lettre pastorale de sept pages publiée ces derniers jours. Le prélat de soixante-six ans, qui dirige un diocèse de près d’un million de fidèles, connu pour son engagement en faveur des droits de l’homme et de l’environnement, a mis en garde dans sa lettre contre «un fossé grandissant entre l’Église – et en particulier ses dirigeants – et les pauvres».

Aux côtés des pauvres et des nécessiteux

Mgr Alminaza a rappelé qu'au séminaire, les futurs prêtres «sont formés pour vivre simplement, pour marcher aux côtés des pauvres et pour rester proches des gens». Cependant, a-t-il fait remarquer, avec le temps et les responsabilités, «notre langage change, notre mode de vie change et la distance qui nous sépare s'accroît». Le président de Caritas souligne que «sans le vouloir, nous commençons à perdre la capacité d’écouter véritablement, de comprendre et de ressentir véritablement la réalité de ceux que nous sommes appelés à servir. Ce n’est pas seulement un manquement personnel; c’est une crise spirituelle et pastorale qui nous appelle à la conversion».

Un mode de vie plus simple

L’évêque fait remarquer que, très souvent, on élève la voix pour demander des comptes aux institutions et aux entreprises sur leurs agissements, mais pour exiger cela, «nous devons nous aussi faire preuve de responsabilité au sein de l’Église». C’est pourquoi il a exhorté les prêtres, les religieux et les laïcs «à choisir un mode de vie plus simple». «Nous devons examiner notre utilisation des ressources, réduire ce qui est superflu et renoncer aux excès», a-t-il déclaré. La pauvreté, les inégalités économiques et la corruption sont considérées comme des problèmes socio-économiques de longue date aux Philippines.


15 millions de personnes en situation de pauvreté

Selon les statistiques gouvernementales, en 2023, environ 15,5 % des quelque 113 millions d'habitants du pays vivaient dans la pauvreté. Environ 30 % de la population vit avec moins d'un dollar par jour. Par ailleurs, un sondage mené par Social Weather Stations (SWS) révèle qu'à la fin de l'année 2025, environ 51 % des personnes interrogées se déclaraient pauvres. 31 % des ménages se considèrent «en situation de précarité alimentaire», tandis que 47 % estiment se trouver dans une situation «limite».

De plus, le dernier Indice de perception de la corruption de Transparency International (TI) classe les Philippines à la 120e place sur 182 pays. À tel point qu’en novembre dernier, l’Église catholique a appelé la population à se mobiliser publiquement contre la corruption politico-administrative. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer les pots-de-vin versés aux politiciens et aux administrateurs de tous niveaux dans le cadre des travaux publics. 

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14 avril 2026, 13:55