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Aide humanitaire acheminée en mars dernier par le nonce apostolique Paolo Borgia. Aide humanitaire acheminée en mars dernier par le nonce apostolique Paolo Borgia.  

Au Liban, un convoi humanitaire du nonce change d'itinéraire après des tirs

Un convoi de 45 camions et véhicules, transportant de l'aide alimentaire, des médicaments et du carburant destinés à trois villages chrétiens du Sud, a dû modifier son itinéraire en raison d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah. «Nous sommes en situation de guerre, mais nous continuerons à aider la population», affirme le nonce apostolique Paolo Borgia.

Giada Aquilino – Cité du Vatican

Un convoi humanitaire organisé par le nonce apostolique au Liban, l’archevêque Paolo Borgia, en collaboration avec Caritas, l'Œuvre d'Orient et d’autres organisations catholiques, et se dirigeant vers trois villages chrétiens du sud du pays des cèdres, a été contraint jeudi de modifier son itinéraire «en raison d’un échange de tirs entre les parties», l’armée israélienne et les milices du Hezbollah. C’est Mgr Borgia lui-même qui en a fait part aux médias du Vatican, expliquant ce qui s’était passé peu avant que le convoi de 45 camions et véhicules, parti tôt le matin de Beyrouth, n’arrive au village de Debel, au sud de Tyr. «Il n’a pas été possible de poursuivre l’itinéraire» coordonné avec les autorités compétentes, explique le nonce, précisément en raison de l’insécurité accrue qui s’était installée.

Denrées alimentaires, médicaments et carburant

«Nous étions tous en voiture, dans un long convoi, qui transportait diverses aides humanitaires, principalement des denrées alimentaires, des fruits, des légumes, de l’eau, ainsi que des médicaments et du carburant», destinés non seulement à la population de Debel, mais aussi à deux autres villages, Ain Ebel et Rmeich. «Il y avait également des marchandises destinées aux magasins de la région – compte tenu de la pénurie actuelle de stocks, ndlr – ainsi qu’aux agriculteurs et aux éleveurs, afin de permettre, d’une manière ou d’une autre, à la vie des villages de reprendre un peu son cours». Parmi les véhicules en route, se trouvaient également des voitures transportant des habitants de la région: ils voulaient simplement rentrer chez eux, après avoir été déplacés pendant des semaines. Dans un contexte d’escalade continue, le nonce ne parle pas de panique parmi les personnes présentes au moment des coups de feu, mais réfléchit: «Ce sont des choses qui font peur, on essaie alors de les prendre avec le sang-froid du moment».



Aide matérielle et présence de l’Église

À tel point que le convoi «a dû faire demi-tour et emprunter un tout autre itinéraire, en demandant de nouvelles autorisations pour se déplacer en toute sécurité», mais finalement, «après 10 heures de route», il est tout de même arrivé à Debel. Ce que Mgr Borgia souligne, c’est l’importance cruciale de l’acheminement de l’aide vers des villages de fait isolés du reste du pays, précisément en raison des opérations militaires en cours. L’objectif, tient-il à préciser, «est de retourner» dans ces zones.

«Nous sommes en situation de guerre, mais nous poursuivrons notre engagement pour venir en aide à la population; je pense qu’un autre convoi partira dès la semaine prochaine». La visite de jeudi, ajoute-t-il, «était la vingtième effectuée dans le Sud, avec 17 convois humanitaires et 3 visites pastorales, depuis le début de la guerre» au Liban, le 2 mars dernier. Il est important d’être présent, poursuit-il, «car cela donne aux gens la possibilité de rester sur place et de survivre». Il ne s’agit pas seulement d’aide matérielle: «Par notre présence, nous apportons celle du Pape, de l’Église universelle, de l’Église libanaise, ainsi que notre proximité et notre solidarité, car les gens ont besoin de se sentir compris et accompagnés, enveloppés par l’amour de l’Église elle-même».

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12 juin 2026, 21:57