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Une vue de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Une vue de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.  (AFP or licensors)

Au Cameroun, Mgr Kleda s’inquiète des conditions de détentions des détenus

L’archevêque de Douala tire la sonnette d'alarme concernant les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les conditions de détention inhumaine. Dans une lettre pastorale sur les conditions de détention publiée fin juin, Mgr Kleda exprime également une grande inquiétude pour les femmes et les mineurs. Dans la suite du message adressé par le Pape Léon XIV lors de son voyage apostolique au Cameroun, il lance un appel à replacer la dignité humaine au cœur du système pénitentiaire.

Augustine Asta - Cité du Vatican

Dans sa lettre pastorale, sur les conditions de détention publiée fin juin, l'archevêque de Douala décrit des établissements pénitentiaires confrontés à une surpopulation. Les détenus, explique-t-il au micro des médias du Vatican, vivent dans des conditions de vie particulièrement difficiles: «Alimentation insuffisante, accès limité aux soins médicaux, promiscuité et infrastructures inadaptées». Mgr Samuel Kleda s'inquiète également de la présence, dans certains établissements, de femmes, d'hommes et parfois de mineurs partageant les mêmes espaces faute d'infrastructures suffisantes, malgré quelques efforts entrepris pour améliorer cette situation. Soulignant aussi que l'organisation interne des prisons favorise parfois des «rapports de domination entre détenus, aggravant la vulnérabilité des plus faibles».

Des détentions provisoires qui s'éternisent

L'archevêque estime anormal que de nombreuses prisons camerounaises comptent davantage de «prévenus que de condamnés». Il déplore le non-respect des délais légaux de détention et rappelle qu'une personne arrêtée a droit à un procès dans un délai raisonnable. Pour lui, cette situation contribue à des violations répétées des droits fondamentaux.

La corruption pointée du doigt

Lors de son voyage apostolique au Cameroun, le Pape Léon XIV avait interpellé les autorités à faire un «examen de conscience» et à «briser les chaînes de la corruption». L’archevêque de Douala souligne dans sa lettre le rôle que joue la corruption dans le fonctionnement du système judiciaire et pénitentiaire dans le pays. Les personnes les plus pauvres, témoigne-t-il, sont souvent les premières victimes d'un système où les moyens financiers peuvent influencer l'issue d'une procédure judiciaire. Le prélat appelle les autorités camerounaises en particulier et l'Afrique en général à lutter «plus efficacement contre ce phénomène», estimant que la «corruption freine le développement du pays et compromet l'égalité de tous devant la justice.»

Un appel inspiré de l'Évangile

Mgr Samuel Kleda fonde son message sur l'enseignement du Christ. Citant le passage de l'Évangile selon saint Matthieu: «J'étais en prison et vous êtes venus me visiter», il invite les fidèles à manifester concrètement leur solidarité envers les personnes détenues. Et d’ajouter: «Aimer son prochain implique aussi d'accompagner les prisonniers, sans distinction ni exclusion, et de reconnaître en chacun une dignité qui ne disparaît jamais.»

L'archevêque de Douala invite par ailleurs les Camerounais à changer leur regard sur les prisonniers, rappelant que, quelles que soient les fautes reprochées, leur dignité humaine doit être respectée. Pour Mgr Samuel Kleda, les détenus constituent une population souvent oubliée de la société. «Nous les jugeons et nous les oublions, alors qu'ils demeurent des personnes humaines», insiste l’archevêque, qui appelle les familles et les fidèles à ne pas abandonner leurs proches incarcérés.

“Les prisonniers restent des personnes humaines”

Entretien avec l’archevêque de Douala Mgr Samuel Kleda.

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17 juillet 2026, 12:31