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L'armée escorte des élèves au lendemain d'une attaque d'une école dans l'État de Borno fin juin 2026. L'armée escorte des élèves au lendemain d'une attaque d'une école dans l'État de Borno fin juin 2026. 

«L'effusion de sang a atteint un niveau intolérable», dénoncent les évêques du Nigeria

Dans un communiqué, la Conférence épiscopale nigériane condamne la recrudescence des massacres et des enlèvements perpétrés par des bandes criminelles. Ce pays africain est pris en otage depuis des années par des groupes djihadistes qui terrorisent les habitants de villages entiers.

Giovanni Zavatta - Cité du Vatican

Meurtres, violations, menaces, intimidations, enlèvements de masse contre rançon: au Nigéria, «une fois de plus, l'effusion incessante de sang et de terreur qui ravage notre nation a atteint un niveau intolérable». La Conférence épiscopale, dans une déclaration datée du 26 août, a déclaré et condamné cette nouvelle vague de violence, appelant le gouvernement et les forces de sécurité à agir d'urgence pour mettre un terme à la propagation du crime organisé.

Les évêques se sont également adressés aux bandits, terroristes, ravisseurs, commanditaires et à leurs financeurs, les exhortant à déposer les armes et à cesser le bain de sang, soulignant le caractère sacré de la vie humaine et rejetant toute justification des meurtres d'innocents.

Les derniers épisodes d'une série de crimes

L'enlèvement d'une soixantaine de fidèles musulmans dans une mosquée de Borgu, dans l'État du Niger, le meurtre de 47 personnes innocentes à Ukum, dans l'État de Benue, et le siège de la ville de Geidam, dans l'État de Yobe, ne sont que les derniers épisodes d'une série de crimes qui durent depuis dix-sept ans et qui impliquent principalement des groupes djihadistes ayant fait de l'enlèvement leur arme de prédilection, rejoints par des bandes de criminels qui terrorisent de vastes régions du centre et du nord du Nigeria.

Enlèvement et rançons, source de revenus des terroristes

D'après un rapport récent cité par l'AFP, les rançons versées suite aux enlèvements ont atteint près de 6 millions de dollars l'an dernier, dont 90 % sont imputables à deux enlèvements de masse attribués au groupe djihadiste Boko Haram. Les enlèvements sont devenus une source de revenus essentiels pour les criminels et les terroristes: entre juillet 2025 et juin 2026, environ 7,78 milliards de nairas (environ 5,8 millions de dollars) ont été versés à ces groupes en rançons, soit plus du triple du montant de l'année précédente.

Au moins 7 825 personnes ont été enlevées (+66 %), dont 1 142 ont été tuées (dont 895 civils). Parmi les incidents les plus marquants figurent l'enlèvement de plus de quatre cents personnes à Ngoshe, dans l'État de Borno, un bastion de l'insurrection djihadiste, et le kidnapping d'environ trois cents élèves et membres du personnel de l'école catholique Sainte-Marie du village de Papiri. Le dernier événement en date est la libération récente de 48 enfants âgés de 7 à 12 ans, enlevés il y a trois semaines dans le centre du Nigeria après le versement d'une rançon à des bandits. Il s'agit de groupes spécialisées dans les enlèvements et les vols de bétail, les pillages de maisons et l'extorsion de fonds des agriculteurs et des sites miniers.

Une violence sans frontières

La violence est sans limites: «Que ce soit dans une mosquée, une église, un marché ou dans la tranquillité de leurs foyers, les Nigérians continuent d'être massacrés, traumatisés et déplacés en toute impunité», écrit l'épiscopat dans un communiqué. Parfois, des bandits sans affiliation idéologique nouent des liens avec des djihadistes du nord-est, avec lesquels ils collaborent, tout en s'affrontant pour le contrôle du territoire. La violence s'est intensifiée, notamment dans l'État du Niger, où des groupes armés ont établi des camps dans les forêts et les réserves de chasse.

La présence du gouvernement fédéral dans les vastes zones rurales du Nigeria est limitée et les forces de sécurité sont souvent débordées. Ceux dénommés «djihadistes de l'État islamique en Afrique de l'Ouest» sont particulièrement violents. Ils ont récemment assiégé Geidam, une ville de 90 000 habitants où les forces armées régulières ont imposé un couvre-feu de 24 heures. Cet État, Yobe, comme l'État voisin de Borno, est l'un des plus durement touchés par le conflit djihadiste. «Que le Dieu de paix rétablisse l'ordre dans notre nation, console ceux qui sont dans le deuil et touche le cœur de ceux qui infligent la souffrance», implorent les évêques nigérians, conscients que la situation dégénère.

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31 août 2026, 17:18