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Les conséquences des frappes russes dans le centre de Lviv. Les conséquences des frappes russes dans le centre de Lviv.  (ANSA)

Attaques dans l'ouest de l'Ukraine, la ville de Lviv touchée

Environ un millier de drones ont été lancés mardi 24 mars sur la partie du pays la plus éloignée de la ligne de front. Il y a eu deux morts lors de l'attaque contre le service de maternité d'un hôpital à Ivano-Frankivsk. Le bilan fait état également de 22 blessés et de dégâts enregistrés dans le complexe du monastère des Bernardins.

Valerio Palombaro - Cité du Vatican

La guerre en Ukraine s’intensifie, tandis que semble malheureusement se confirmer l’énième «court-circuit» dans les négociations de paix, favorisé également par le conflit au Moyen-Orient, avec des attaques russes qui frappent lourdement l’ouest du pays, la région la plus éloignée du front, y compris la ville de Lviv. Des drones continuent de tomber en Lettonie et en Estonie.

Des drones sur le territoire de deux pays de l'OTAN

Le ministère de la Défense de Riga a annoncé ce matin du 25 mars qu'un drone s'était écrasé sur le sol letton, dans la région de Kraslava. D'après les premiers rapports concernant les faits, fournis à la presse par la Première ministre Evika Silina, il pourrait s'agir d'un drone ukrainien tombé accidentellement sur le territoire letton.

Peu avant, comme l'a rapporté la chaîne publique ERR, un drone avait pénétré l'espace aérien estonien et a percuté une cheminée de la centrale électrique d'Auvère. Bien qu’aucun blessé ni dommage significatif n'ait été signalé, le crash de ces drones sur le territoire de deux pays situés à l'est de l'OTAN est un signal alarmant quant à l'évolution de la guerre qui se poursuit depuis plus de quatre ans, avec son lot de morts et de destructions.

Nul n’est à l’abri

Ces incidents font suite aux violentes attaques russes de la journée du mardi 24 mars, au cours de laquelle, dans l'après-midi, des infrastructures énergétiques ont notamment été endommagées dans la région occidentale de Ternopil. Une violente attaque a également secoué Lviv.

Comme l'a déclaré le maire, Andriy Sadovyi, on dénombre 22 blessés et des dégâts ont été causés au complexe du monastère des Bernardins, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco situé dans le centre-ville, ainsi qu'à un immeuble résidentiel. L'église grecque-catholique Saint-André, datant du XVIIe siècle, fait également partie du complexe des Bernardins. L'église voisine Sainte-Marie-Madeleine, gérée par les missionnaires Oblats de Marie Immaculée, a également été endommagée par les raids.

Les propos de l'archevêque de Lviv

«Les drones tombés à Lviv nous rappellent que la guerre se poursuit», déclare à la presse vaticane l'archevêque de Lviv, Mgr Mieczysław Mokrzycki. «Dieu merci, il n’y a pas eu de morts, seulement des blessés, et seuls quelques bâtiments ont été détruits», affirme-t-il. Mgr Mieczysław Mokrzycki soutient que ces raids peuvent renforcer la conviction des gens dans la prière pour la paix et «nous rappellent tous ceux dont la vie est marquée chaque jour par les bombardements » ou ceux qui ont perdu des êtres chers à cause de la guerre. «Nous remercions toute l’Église, en particulier l’Église italienne, pour sa proximité spirituelle et humanitaire — conclut l’archevêque — nous espérons que, pendant cette Pâques, le Christ ressuscité apportera la paix à notre terre».


Un hôpital touché à Ivano-Frankivsk

À Ivano-Frankivsk, l’armée de Moscou a tenté d’attaquer l’un des bâtiments administratifs à l’aide d’un drone. L’onde de choc a fait voler en éclats les fenêtres des maisons, y compris celles du service de maternité voisin de l’hôpital, où un homme et sa fille de 15 ans ont trouvé la mort.

«L’administration de l’hôpital a réagi rapidement et les patientes ont été transférées dans des abris, évitant ainsi des conséquences encore plus graves», explique le prêtre gréco-catholique Ruslan Pyasta, aumônier médical du Centre périnatal d’Ivano-Frankivsk. «Lors de l’attaque – précise-t-il –, le mari et la fille de 15 ans d’une patiente qui a accouché il y a quelques jours ont perdu la vie. Ils étaient venus lui rendre visite au centre périnatal régional».

Ce 25 mars, à 14 h 00 heure locale, la traditionnelle prière a eu lieu devant le Centre périnatal à l’occasion de la fête de l’Annonciation, en signe de gratitude pour le don de la vie, même si cette année a été marquée par ce raid tragique. «Ce lieu, qui devrait être sacré et accueillir la naissance de la vie, a été attaqué», affirme le père Ruslan, se disant reconnaissant envers les parents «qui, malgré ces temps difficiles, accueillent la vie et mettent des enfants au monde». L’attaque du 24 mars, selon le prêtre, rappelle que malheureusement, en Ukraine, il n’existe aucun lieu totalement sûr: «On parle souvent de statistiques, mais nous ne voudrions pas que les personnes soient réduites à de simples données. Chaque vie est précieuse et importante, non seulement pour notre peuple, mais pour le monde entier».

Impasse sur la voie de la paix

«L'ampleur de cette attaque montre clairement que la Russie n'a aucune intention de mettre véritablement fin à cette guerre», a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. La guerre s’est en effet poursuivie avec intensité toute la nuit: le ministère de la Défense de Moscou a indiqué que 389 drones ukrainiens avaient été abattus; tandis qu’un raid a visé le centre d’exportation de pétrole et d’engrais d’Oust-Louga, en mer Baltique, dans la région russe de Leningrad, près de la frontière avec l’Estonie.

Les forces russes, quant à elles, après avoir lancé près d’un millier de drones qui ont frappé l’Ukraine, ont poursuivi leurs attaques sur différentes régions. À Washington, Donald Trump a exprimé l’espoir que Zelensky et Poutine puissent trouver un accord de paix avant les élections de mi-mandat prévues en novembre.

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25 mars 2026, 14:44