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Le Pape François et Edgar Morin, le 27 juin 2019 au Vatican Le Pape François et Edgar Morin, le 27 juin 2019 au Vatican  (AFP or licensors)

Décès d’Edgar Morin, philosophe et sociologue de la complexité

L'intellectuel français est décédé le vendredi 29 mai, à l'âge de 104 ans. Ses recherches portaient sur la «pensée complexe». Le Pape François l'a reçu en audience en 2019. En 2021, dans une interview accordée aux médias du Vatican, il a souligné l'importance de «prendre conscience du destin commun de tous les êtres humains à l'ère de la mondialisation, à savoir les dangers de la guerre nucléaire, les dangers de la folie fanatique, les dangers de la domination du profit».

Vatican News

La réforme de la pensée et la politique de la civilisation étaient les pierres angulaires de la méthode interdisciplinaire du philosophe et sociologue Edgar Morin, décédé vendredi 29 mai à l'âge de 104 ans. Parmi ses œuvres les plus importantes figurent Le défi de la complexité (1985), La Tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée (1999) et Enseigner à vivre: Manifeste pour changer l'éducation (2014).

En juin 2019, le Pape François recevait l'intellectuel au Vatican, et en 2021, à l'occasion du centenaire de la naissance de ce dernier, dans un message signé par le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin, le Souverain pontife le qualifiait de témoin «des changements profonds et rapides que notre monde et nos sociétés ont subis et subissent encore.»

Toujours en 2021, alors que le monde était aux prises avec la pandémie de Covid-19 et ses conséquences, les médias du Vatican ont eu l'occasion de le rencontrer. Lors de cet entretien avec Hélène Destombes, il soulignait la nécessité d’une réforme du savoir. «Nous ne devons pas seulement changer nos vies, nous devons aussi changer nos manières. Nous ne devons pas seulement renoncer à la consommation d'objets futiles, à la valeur purement imaginaire, mais nous devons aussi revenir à l'essentiel, à ce qui est humain: les relations, le vivre-ensemble.» Il ajoutait que pour créer une société plus juste, il devenait nécessaire de «prendre conscience du destin commun de tous les êtres humains à l'ère de la mondialisation, c'est-à-dire des dangers de la guerre nucléaire, des dangers de la folie fanatique, des dangers de la domination du profit. L'humanité traverse une phase de son histoire chargée de dangers et, en même temps, pleine de promesses techniques et scientifiques.»

L’objectif fondamental de ses études était de parvenir à une connaissance qui transcende la séparation apriorique et stérile des différents domaines du savoir, et ainsi de promouvoir une éducation inspirée par ce qu’on appelle la «pensée complexe», fleuron de son épistémologie.

Edgard Morin
Edgard Morin   (AFP or licensors)

Edgar Morin soutenait que la culture n'est pas seulement fragmentée, mais aussi «divisée en deux blocs». D'un côté, la culture humaniste se distingue, stimulant la réflexion sur la connaissance et favorisant l'intégration personnelle du savoir; de l'autre, la culture scientifique règne en maître, «séparant les domaines de la connaissance, donnant lieu à des découvertes extraordinaires et à des théories brillantes, mais non à une réflexion sur le destin de l'humanité et l'avenir même de la science».

À ce constat s'ajoute le défi sociologique lié à l'affaiblissement de la perception globale, qui engendre un relâchement du sens des responsabilités. Face à ces considérations, le philosophe dénonçait la tendance de chacun au repli sur soi, au détriment avant tout d'un sentiment de solidarité et d'une harmonie sociale solide et constructive.



 

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30 mai 2026, 14:58