RDC: face à Ebola, le JRS adapte son action dans un contexte de crise sécuritaire
Augustine Asta - Cité du Vatican
Plus de 2 000 cas confirmés d'Ebola et 754 décès ont été enregistrés dans cinq provinces de la RDC, selon les derniers chiffres des autorités sanitaires du pays. L’inquiétude est de mise car l'épidémie se propage à un «rythme sans précédent et dans de nouvelles zones», affirme Médecin sans frontière. Si l'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, le Nord-Kivu reste également concerné, même si la ville de Goma n'a enregistré qu'un seul cas depuis la déclaration officielle de l'épidémie à la mi-mai. «Le seul cas déclaré à Goma a été guéri et n'a pas donné lieu à d'autres contaminations», explique le directeur pays du JRS en RDC Victor Setibo.
Une situation qui, dit-il, a permis d'atténuer la psychose des premiers jours, lorsque la découverte de la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique, avait suscité une vive inquiétude. Mais, les autorités redoutent une propagation du virus qui serait une double peine, en raison déjà de la crise humanitaire et de l'insécurité actuelle liée à l'occupation du territoire par les rebelles du M23. «Nous sommes déjà confrontés à une crise humanitaire liée à l'insécurité. À cette crise s'ajoute maintenant une crise sanitaire», souligne le responsable du JRS. Le défi, précise-t-il, est d'autant plus important dans les zones accueillant des populations déplacées, où la promiscuité rend particulièrement difficile l'application des mesures de prévention contre Ebola.
Travaillant principalement dans les domaines de l'éducation, du soutien psychosocial, de la protection et de la réconciliation communautaire, le JRS n'intervient pas directement dans la prise en charge médicale des malades. Son action s’est focalisée sur la prévention. L'organisation a adapté l'ensemble de ses projets afin d'y intégrer des activités de sensibilisation à Ebola. Des messages validés par les autorités sanitaires sont désormais diffusés lors des formations, des rencontres communautaires et des activités éducatives. Des kits d'hygiène, notamment pour le lavage des mains, ont également été distribués afin de protéger les bénéficiaires comme les équipes de terrain. «Nos projets avaient été conçus avant l'apparition d'Ebola. Il a fallu les adapter pour continuer nos activités tout en intégrant des mesures de prévention», explique le directeur pays.
Préparer la rentrée scolaire
À l'approche de la réouverture des écoles, le JRS redouble d'efforts pour protéger les élèves et les enseignants des établissements qu'il accompagne. L'organisation travaille à renforcer les dispositifs de prévention dans les écoles, où les risques de transmission demeurent importants en raison des rassemblements quotidiens. Les enseignants sont également associés aux actions de sensibilisation afin qu'ils puissent relayer les messages de prévention auprès des enfants.
Les programmes ciblent principalement les enfants de 6 à 18 ans, mais aussi les enseignants, les femmes et les communautés locales, notamment les personnes déplacées par les conflits, qui restent particulièrement vulnérables.
Des besoins financiers supplémentaires
Cette réorientation des activités représente toutefois un coût important. L'achat de matériel de protection, les actions de sensibilisation et les adaptations logistiques n'avaient pas été prévus dans les budgets initiaux. «Pour certains projets, nous avons pu procéder à des adaptations, mais pour d'autres nous recherchons encore des financements afin de poursuivre nos activités en tenant compte du contexte Ebola», reconnaît le directeur pays.
Dans un contexte où la crise sécuritaire continue de mobiliser une grande partie des ressources humanitaires, le JRS mise sur une approche communautaire. L'objectif est de faire de la prévention contre Ebola une responsabilité partagée afin de limiter la propagation du virus tout en poursuivant l'accompagnement des populations les plus fragiles.
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