Le Pape encourage les consacrés à être «ferment de paix et signe d’espérance»
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Quarante jours se sont écoulés depuis la joyeuse célébration de la naissance du Seigneur. Ce 2 février, l’Église commémore la présentation de Jésus au Temple par Marie et Joseph, comme relatée dans l’Évangile selon saint Jean. Cette fête «nous aide aussi à entrer dans le mystère de la vie consacrée», indiquait en 1997 le Pape Jean Paul II, initiateur de cette journée mondiale. «Dans la scène évangélique est révélé le mystère de Jésus, le Consacré du Père, venu dans le monde pour accomplir sa volonté».
La présentation de Jésus au Temple est «une éloquente icône du don total de soi pour tous ceux qui ont été appelés à reproduire dans l'Église et dans le monde, par les conseils évangéliques, "les traits caractéristiques de Jésus chaste, pauvre et obéissant"», soulignait le Pape polonais.
Rendre grâce pour le don de la vie consacrée
Le 6 janvier 1997, Jean Paul II institua la Journée de la Vie consacrée célébrée chaque année en la fête de la présentation de Jésus au Temple, fruit du Synode des évêques sur la vie consacrée, et de la publication de l’Exhortation apostolique «Vita consecrata». La journée dédiée aux hommes et femmes consacrés a pour but de rendre grâce à Dieu pour le don de la vie consacrée, et de faire mieux connaitre et apprécier cette vie au peuple de Dieu. Les personnes consacrées sont invitées à «célébrer ensemble les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles; à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l'Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l'Église pour la vie du monde».
Devenir des vases pour la lessive du Blanchisseur
Ce lundi, une messe a été présidée par le Pape Léon XIV dans la basilique Saint-Pierre de Rome, à l'occasion de la 30e Journée mondiale de la Vie consacrée qui a rassemblé 5 500 personnes: cardinaux, évêques, prêtres, religieux et consacrés. Dans son homélie le Successeur de Pierre a invité les personnes consacrées, «"prophètes: messagers et messagères" qui annoncent la présence du Seigneur et en préparent le chemin» à «devenir, dans leur généreux “dessaisissement de soi” pour le Seigneur, des brasiers pour le feu du Fondeur et des vases pour la lessive du Blanchisseur», afin que «le Christ, unique et éternel Ange de l’Alliance, présent encore aujourd’hui parmi les hommes, puisse fondre et purifier les cœurs par son amour, sa grâce et sa miséricorde».
Témoigner de la présence de Dieu
«C’est ce que vous êtes appelés à faire avant tout par le sacrifice de votre existence, enracinés dans la prière et prêts à vous consumer dans la charité» a rappelé Léon XIV. Dans une «société où la foi et la vie semblent s’éloigner de plus en plus l’une de l’autre, au nom d’une conception fausse et réductrice de la personne», chaque consacré a été appelé à «témoigner que Dieu est présent dans l’histoire comme salut pour tous les peuples». Pour le Pape, il faut également «témoigner que le jeune, le vieillard, le pauvre, le malade, le prisonnier, occupent d’abord une place sacrée sur son Autel et dans son Cœur», et qu’en même temps, a-t-il ajouté, «chacun d’eux est un sanctuaire inviolable de sa présence, devant lequel il convient de s’agenouiller pour le rencontrer, l’adorer et le glorifier».
"Avant-postes de l’Évangile”
Aujourd’hui encore, beaucoup de communautés maintiennent dans les contextes les plus difficiles, «les nombreux “avant-postes de l’Évangile”», même au milieu des conflits. «Elles ne partent pas, elles ne fuient pas. Elles restent, dépouillées de tout, pour être un rappel, plus éloquent que mille paroles, du caractère sacré et inviolable de la vie dans sa plus pure essence», se faisant l’écho de la Parole du Christ, «par leur présence, même là où grondent les armes et où semblent prévaloir l’arrogance». Un courage salué par le Pape.
Continuant son homélie, Léon XIV a rappelé que la vie religieuse, «avec son détachement serein de tout ce qui passe, enseigne l’indissociabilité entre le souci le plus authentique des réalités terrestres» et «l’espérance aimante des réalités éternelles, choisies déjà dans cette vie comme fin ultime et exclusive, capable d’illuminer tout le reste».
Signe d'espérance
«Vous pouvez montrer au monde, avec la liberté de ceux qui aiment et pardonnent sans mesure, le chemin pour surmonter les conflits et semer la fraternité», a lancé le Pape. Confiant le ministère de chaque consacré à l’intercession de la Vierge Marie et de tous les saints fondateurs et fondatrices, l’Évêque de Rome a ainsi conclu: «L’Église remercie aujourd’hui le Seigneur et vous remercie pour votre présence, et elle vous encourage à être, là où la Providence vous envoie, un ferment de paix et un signe d’espérance».
Au cours de cette célébration eucharistique, l’assemblée a porté en prière tous les pasteurs de l’Église et les consacrés, afin que le Seigneur puisse les soutenir dans leur mission à la suite du «Christ pauvre, chaste et obéissant». Des prières ont également été formulées pour les malades, les jeunes, les pauvres, les réfugiés, les exilés et tous ceux qui ont perdu la foi et qui recherchent le bien. «Renforce la paix, inspire la fraternité entre les peuples et donne la justice», a ainsi prié le peuple de Dieu.
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