Proclamer la fraternité dans un monde où la paix est devenue une «utopie» dépassée
Edoardo Giribaldi – Cité du Vatican
Le «domaine abstrait des idées», la communion archivée comme une «utopie d'autrefois»: des visions lointaines, auxquelles s'oppose la «nécessité urgente» d'une fraternité plus forte que les conflits, les différences et les tensions. C'est ce contraste que le Pape Léon XIV souligne dans le message publié ce 4 février, à l'occasion de la Journée internationale de la fraternité humaine et de la remise du prix Zayed qui lui est dédié.
La nécessité urgente de la fraternité
Le Pape rappelle le septième anniversaire de la signature du Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune par le Pape François et le grand imam Ahmed Al-Tayeb, une occasion qui permet de célébrer «ce qu'il y a de plus précieux et universel dans notre humanité»: la communion, lien «indissoluble qui unit chaque être humain».
Aujourd'hui, le besoin de cette fraternité n'est pas un idéal lointain, mais une nécessité urgente, affirme le Souverain pontife.
La fraternité, première victime des conflits
Le Souverain pontife mentionne les nombreux – «trop nombreux» – frères et sœurs qui, dans le monde d'aujourd'hui, souffrent des horreurs de la violence et de la guerre, rappelant les paroles du Pape François dans l'encyclique Fratelli tutti: la première victime de tout conflit est «le projet même de fraternité, inscrit dans la vocation de la famille humaine».
À une époque où le rêve de construire ensemble la paix est souvent considéré comme une «utopie d'autrefois», il faut proclamer avec conviction que la fraternité humaine est une réalité vécue, plus forte que tous les conflits, toutes les différences et toutes les tensions. Un potentiel qui doit être réalisé à travers un engagement quotidien et concret de respect, de partage et de compassion.
Ne pas rester dans le «monde des idées»
«Les mots ne suffisent pas», avait déclaré le Souverain pontife en décembre dernier, s'adressant aux membres du Comité du Prix Zayed. Un appel qu'il réitère dans ce message, rappelant que les convictions les plus profondes exigent «une culture constante à travers un effort tangible». Le Pape Léon XIV rappelle tout d'abord son exhortation apostolique Dilexi te, dans laquelle il affirme que «rester dans le monde des idées et des discussions, sans gestes personnels, fréquents et sincères, sera la ruine de nos rêves les plus précieux». Il revient ensuite à Fratelli tutti, faisant revivre l’affirmation de son prédécesseur selon laquelle, en tant que frères et sœurs, nous sommes tous appelés à aller au-delà des périphéries et à «converger» dans un «plein sens d'appartenance réciproque».
Les lauréats, «semeurs d'espoir»
Le Prix Zayed, poursuit le Pape, rend hommage à ceux qui ont su traduire ces valeurs en «authentiques témoignages de bonté et de charité humaine». S'adressant directement aux lauréats — Ilham Aliyev, président de la République d'Azerbaïdjan; Nikol Pashinyan, Premier ministre de la République d'Arménie ; Mme Zarqa Yaftali et l'organisation palestinienne Taawon — Léon XIV les qualifie de «semeurs d'espoir» dans un monde qui, trop souvent, construit des murs au lieu de ponts.
En choisissant la voie difficile de la solidarité plutôt que celle, plus facile, de l'indifférence, ils ont démontré que même les divisions les plus profondes peuvent être surmontées par des actions concrètes. Leur action témoigne de leur conviction que la lumière de la fraternité peut prévaloir sur les ténèbres du fratricide.
Que notre prochain ne soit pas considéré comme un étranger ou une menace
Le message se termine par les remerciements de Léon XIV au cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis, pour son soutien constant à l'initiative, ainsi qu'au Comité Zayed lui-même pour sa «vision et sa conviction morale».
Continuons à travailler ensemble pour que la dynamique de l'amour fraternel devienne le chemin commun de tous, et pour que «l'autre» ne soit plus considéré comme un étranger ou une menace, mais reconnu comme un frère ou une sœur.
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