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Audience générale: redécouvrir la dimension eschatologique de l’Église

Poursuivant son cycle de catéchèses portant sur une relecture de la constitution conciliaire Lumen Gentium, Léon XIV s’est arrêté ce mercredi lors de l’audience générale, sur la dimension eschatologique de l'Église. Pour le Saint-Père, l’Église vit «dans l’histoire au service de l’avènement du Royaume de Dieu dans le monde». «En elle, tout doit renvoyer au salut en Christ», «elle doit prononcer des paroles claires contre tout ce qui mortifie la dignité humaine».

Augustine Asta - Cité du Vatican

Après avoir consacré l’audience générale de mercredi dernier à son récent voyage apostolique en Afrique, qui l’a conduit en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, le Pape a poursuivi ce mercredi 6 mai son cycle de catéchèse portant sur la relecture des documents conciliaires, s’arrêtant aujourd'hui encore sur la Constitution dogmatique Lumen Gentium. Devant de milliers de fidèles, réunis place Saint-Pierre malgré un temps capricieux, Léon XIV a centré sa réflexion sur une partie du chapitre VII de la constitution du Concile Vatican II consacré à l’Église, méditant sur l’une de ses caractéristiques fondamentales: «La dimension eschatologique».

Une Église tournée vers l’horizon ultime

En effet, a-t-il dit, «l’Église chemine dans cette histoire terrestre en restant toujours tournée vers son but ultime, qui est la patrie céleste.» Il s’agit d’une dimension essentielle que pourtant «nous négligeons ou minimisons souvent», car «nous sommes trop concentrés sur ce qui est immédiatement visible et sur les dynamiques plus concrètes de la vie de la communauté chrétienne», a encore ajouté le Souverain pontife.

Citant des passages de Lumen Gentium, le Pape a ensuite rappelé que l’Église est le «peuple de Dieu en marche dans l’histoire, qui a pour but de toute son action le Royaume de Dieu». Il a par ailleurs estimé que Jésus a «fondé l’Église précisément en annonçant ce Royaume d’amour, de justice et de paix». C’est pourquoi «nous sommes donc appelés à considérer la dimension communautaire et cosmique du salut en Christ» et à tourner «notre regard vers cet horizon final, afin de mesurer et d’évaluer tout dans cette perspective», a-t-il enjoint.

Pour le Saint-Père, l’Église vit «dans l’histoire au service de l’avènement du Royaume de Dieu dans le monde». Elle annonce à «tous et en tout temps les paroles de cette promesse, en reçoit un gage dans la célébration des sacrements, en particulier de l’Eucharistie, et les met en œuvre et en expérimente la logique dans les relations d’amour et de service», a insisté le Successeur de Pierre.

Entre le «déjà-là» et le «pas encore»

S’appuyant encore sur une affirmation «importante» de la Constitution Lumen Gentium, le Pape a noté que l’Église est «sacrement universel de salut». Autrement dit, elle est à la fois «signe et instrument de cette plénitude de vie et de paix promise par Dieu». Mais, a-t-il nuancé, l’Église «ne s’annonce pas elle-même». «En elle, tout doit renvoyer au salut en Christ», a-t-il mis en garde. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, l’Église «accomplit sa mission entre le “déjà” du commencement du Royaume de Dieu en Jésus et le “pas encore” de l’accomplissement promis et attendu», a affirmé l’évêque de Rome.

“Signe et sacrement du Royaume, l’Église est le peuple de Dieu en pèlerinage sur la terre qui, à partir précisément de la promesse finale, lit et interprète à la lumière de l’Évangile les dynamiques de l’histoire, dénonçant le mal sous toutes ses formes et annonçant, par la parole et par les œuvres, le salut que le Christ veut réaliser pour toute l’humanité et son Royaume de justice, d’amour et de paix.”

Une mission au cœur des fractures du monde

«Gardienne d’une espérance qui éclaire le chemin», l’Église est également «investie de la mission de prononcer des paroles claires pour rejeter tout ce qui mortifie la vie» et en «empêche le développement», a fait savoir le Pape. Elle doit aussi prendre position en faveur des pauvres, des exploités, des victimes de la violence et de la guerre, ainsi que de tous ceux qui souffrent, dans leur corps et dans leur esprit.

Une institution appelée à se réformer

Le Pape a reconnu, à la lumière de Lumen Gentium, que l’Église est appelée à reconnaître «humblement la fragilité humaine et le caractère éphémère de ses propres institutions» qui, bien qu’étant au service du Royaume de Dieu, portent «l’empreinte fugace de ce monde». «Aucune institution ecclésiale ne peut être absolutisée», a-t-il prévenu. Puisque ces institutions, a-t-il ajouté, «vivent dans l’histoire et dans le temps», elles sont donc appelées à une «conversion continuelle, au renouvellement des formes et à la réforme des structures, à la régénération constante des relations, afin qu’elles puissent véritablement correspondre à leur mission».

Une communion qui dépasse la mort

Le document conciliaire Lumen gentium souligne que «tous les chrétiens forment une seule Église» et qu’il existe une «communion et une participation aux biens spirituels fondée sur l’union avec le Christ de tous les croyants, une sollicitude fraternelle entre l’Église terrestre et l’Église céleste.» «Cette communion des saints» a fait remarquer le Pape, se vit en particulier dans la liturgie.

“En priant pour les défunts et en suivant les traces de ceux qui ont déjà vécu en tant que disciples de Jésus, nous sommes nous aussi soutenus dans notre cheminement et nous renforçons l’adoration de Dieu: marqués par l’unique Esprit et unis dans l’unique liturgie, avec ceux qui nous ont précédés dans la foi, nous louons et rendons gloire à la Très Sainte Trinité.”

Léon XIV a terminé sa catéchèse en demandant aux fidèles d’être reconnaissants aux Pères conciliaires de «nous avoir rappelé cette dimension si importante et si belle de l’être chrétien». Et d’ajouter: «Efforçons-nous de la cultiver dans notre vie.»

 

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06 mai 2026, 10:50