Le Pape achève sa visite à Naples en appelant la ville au renouveau
Linda Bordoni - Cité du Vatican
Au terme d’une longue journée qui l’a conduit à Pompéi et à Naples, à l’occasion du premier anniversaire de son pontificat, le Pape Léon XIV a rencontré et salué près de 50 000 de citoyens rassemblés au cœur de l’imposante Piazza del Plebiscito, en plein centre de la cité parthénopéenne.
Arrivé sur cette place historique depuis la cathédrale Santa Maria Assunta, le Souverain pontife s’est adressé aux autorités civiles, à l’archevêque de la ville, le cardinal Domenico Battaglia, et aux fidèles, et a lancé un appel au renouveau social, à l’unité et à une paix enracinée dans la justice, et vécue au quotidien. Après avoir exprimé sa gratitude pour l’accueil chaleureux de la foule chantante qui se pressait sur la place, il a immédiatement tourné son attention vers la condition sociale et spirituelle de la ville.
Une ville marquée par la beauté et les blessures
En méditant sur le récit évangélique des disciples d’Emmaüs, il a décrit Naples comme une ville marquée à la fois par une beauté extraordinaire et par de profondes blessures. Léon XIV a évoqué les voix qui s’élèvent de la ville, des voix qui racontent «une Naples qui marche souvent fatiguée, désorientée et déçue» les comparant aux disciples fatigués et découragés qui rencontrent le Christ sur la route. «Qu’est-ce qui compte vraiment ?», a-t-il demandé, invitant les citoyens à redécouvrir le sens de la vie dans un contexte souvent miné par la fatigue, l’indifférence et la fragmentation sociale.
L’Évêque de Rome a mis en lumière le «paradoxe dramatique» vécu par la troisième ville italienne: «la forte augmentation du nombre de touristes peine à s’accompagner d’un dynamisme économique capable d’impliquer véritablement l’ensemble de la communauté sociale». Dans de nombreux quartiers, déplore le Saint-Père, «on observe une véritable géographie de l’inégalité et de la pauvreté, alimentée par des problèmes non résolus depuis longtemps: les disparités de revenus, les faibles perspectives d’emploi, le manque d’infrastructures et de services adéquats, l’omniprésence de la criminalité, le drame du chômage, le décrochage scolaire et d’autres situations qui alourdissent la vie de nombreuses personnes». Pour répondre à ces défis, «la présence et l’action de l’État sont plus que jamais nécessaires» a assuré le Souverain pontife.
L’Église locale, «ciment» entre les communautés
Dans ce contexte, nombreux sont les Napolitains qui nourrissent le désir d’une ville libérée du mal et guérie de ses blessures. Léon XIV a souligné le rôle essentiel de l’Église locale, tel un «ciment» qui rassemble «les efforts de chacun et relie les énergies, les talents et les aspirations de nombreux acteurs». En guise d’exemple, Léon XIV a souligné l’implication des acteurs ecclésiaux dans le Pacte éducatif pour Naples, une initiative pour lutter contre l’exclusion sociale des jeunes qui regroupe la municipalité, les diocèses, le monde éducatif et les entreprises locales.
Naples, au carrefour de la Méditerranée
Léon XIV a tenu dans son discours à rappeler la vocation millénaire de la ville parthénopéenne, celle d’«être un pont naturel entre les rives de la Méditerranée». Loin d’une simple «carte postale» pour les visiteurs, Naples est appelé à devenir «un chantier ouvert, où l’on construit une paix concrète, perceptible dans la vie quotidienne des gens». Une paix qui se construit en «promouvant une culture alternative à la violence, à travers des gestes quotidiens, des parcours éducatifs et des choix pratiques de justice».
Le Pape a mis en lumière des signes concrets d'espérance, notamment des initiatives telles que les maisons d'accueil pour les familles vulnérables et les centres d'aide aux personnes en difficulté, les décrivant comme les manifestations vivantes d'une paix qui se traduit par l'hospitalité, la bienveillance et un nouveau départ.
Des premiers signes de renouveau
Le Pape Léon XIV a également salué les efforts visant à faire de Naples une plateforme de dialogue interculturel et interreligieux, notamment les initiatives impliquant des jeunes issus de zones de conflit. Il a mis en avant la longue tradition d’accueil des migrants et des réfugiés de la ville, qualifiant cette pratique non pas de réponse d’urgence, mais d’occasion de rencontre et d’enrichissement mutuel.
Tout au long de son discours, le Pape est revenu à plusieurs reprises sur le rôle de la jeunesse. Loin d’être de simples bénéficiaires passifs, a-t-il déclaré, ils sont les protagonistes du renouveau. Des projets culturels aux initiatives paroissiales en passant par les œuvres caritatives, les jeunes Napolitains, a-t-il déclaré, sont déjà en train de façonner «les signes d’une ville renouvelée et d’une Église renouvelée».
En conclusion de sa visite, le Souverain pontife a confié les habitants de Naples à l’intercession de la Vierge Marie et au saint patron bien-aimé de la ville, San Gennaro (Saint Janvier), les encourageant à continuer à marcher ensemble avec courage et espérance.
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