Léon XIV rend hommage à Jérôme Lejeune, défenseur de la dignité humaine
Augustine Asta – Cité du Vatican
Découvreur de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, Jérôme Lejeune a profondément marqué l’histoire de la médecine moderne. Considéré comme l’un des pères de la génétique contemporaine, il a consacré sa carrière à la recherche et à l’accompagnement des personnes atteintes de déficiences intellectuelles. «La médecine, -aimait-il affirmer- c’est la haine de la maladie et l’amour du malade», a rappelé Léon XIV dans son discours en français adressé aux membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre. Cette conviction a guidé toute son action auprès de ceux qu’il appelait affectueusement «les pauvres parmi les pauvres», a encore dit le Pape.
Une figure reconnue par l’Église
Le Saint-Père a souligné l’excellence académique du Professeur Lejeune et son inlassable dévouement pour l’Église, qualitée pour lesquelles le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Aussi, a poursuivi Léon XIV, «la profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie» que le Professeur Lejeune «voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie», a ajouté le Souverain pontife.
Le combat contre le «racisme chromosomique»
«Homme de science et de sagesse», Jérôme Lejeune a rapidement compris, a fait remarquer le Pape, que sa découverte scientifique «serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance». Raison pour laquelle, il n’hésita pas alors, a précisé Léon XIV, à se faire «leur avocat», dénonçant la «transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme», qu’il qualifiait de «racisme chromosomique».
L’évêque de Rome a ensuite reconnu que «ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu». C’est pourquoi, il «interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier». «Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques», a fait savoir le Pape.
La technique ne doit pas remplacer l’éthique
Selon le Successeur de Pierre, le Professeur Lejeune était conscient que «si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer». Car, il savait que la «technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –». La valeur d’une personne, a fait savoir le Pape, ne dépend jamais de ses performances, de son autonomie ou de son utilité sociale. «Jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée!», a prévenu le Saint-Père.
La Fondation Lejeune poursuit l’œuvre du chercheur
Aujourd’hui, la Fondation Jérôme Lejeune poursuit son action autour de trois missions: la recherche, le soin et la défense de la dignité humaine. L’Institut Jérôme Lejeune accueille chaque année plusieurs milliers de patients atteints de déficiences intellectuelles d’origine génétique tandis que la Fondation soutient de nombreux programmes scientifiques internationaux. «Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine», a affirmé Léon XIV. L’organisation intervient également dans les débats de bioéthique et développe des formations à destination des professionnels de santé, des juristes et des philosophes.
Un appel au bien commun et à l’engagement
Le Pape a adressé enfin un message aux fondations et aux familles présentes venues de nombreux pays -Espagne, Argentine, États-Unis, Portugal, Italie, Tunisie, Côte d’Ivoire ou encore Corée- pour les encourager à poursuivre leur engagement dans la société. «Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun», a-t-il dit. Rappelant que le bien commun ne peut exclure aucune personne, notamment celles qui vivent dans la fragilité ou le handicap.
Concluant son discours, le Souverain pontife a aussi souhaité que le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune qui reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués, puisse inspirer «le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence» et «aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge».
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