Les pèlerins du Sénégal: le rêve de recevoir le Pape dans notre pays
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Lors de l’Audience générale ce mercredi, le Saint-Père a salué les pèlerins sénégalais les invitants à approfondir le sens de la liturgie et à accueillir la transformation intérieure qu’elle opère. «Je vous invite à ouvrir vos cœurs et vos intelligences au mystère présenté par l’Église au cours de la liturgie en manifestant ainsi, à travers votre participation active, la transformation intérieure opérée par les rites, les gestes, les chants et les silences qui, tous, révèlent la présence vivante du Christ», a dit le Pape.
Parmi les pèlerins présents à Rome, Henri Pierre Faye, jeune fidèle de la paroisse Sainte-Thérèse de Dakar, a vécu pour la première fois une rencontre avec le Pape. «C’est la première fois que je mets les pieds à Rome, que je vois le Pape et vraiment, c’est une énorme joie, une joie vraiment immense qui nous habite en ce moment», témoigne-t-il.
Le jeune pèlerin considère la rencontre avec Léon XIV comme «l’un des moments les plus marquants» de sa vie de jeune chrétien engagé. La salutation du Pape a également pris pour lui une dimension particulière: «En nous saluant, c’est comme si le Pape saluait tout le Sénégal». Henri Pierre Faye se dit ainsi porteur, avec les autres pèlerins, de l’espérance de pouvoir un jour accueillir le Saint-Père au Sénégal:
Le dialogue interreligieux
Par rapport au dialogue interreligieux au Sénégal, le jeune pèlerin décrit une coexistence qui dépasse, selon lui, le simple discours. «La cohabitation religieuse n’est plus un mot. C’est un principe de vie au Sénégal», affirme-t-il. Les chrétiens, minoritaires dans le pays, vivent en harmonie avec leurs compatriotes musulmans, qui représentent environ 80 % de la population. Il évoque notamment les liens familiaux et la «Téranga sénégalaise», qui contribuent à cette proximité entre les communautés.
La justice et paix
Pour Marie-Claude Manet, de la paroisse Notre-Dame des Anges de Ouakam à Dakar, ce pèlerinage constitue également «un grand privilège» et une grâce pour elle et sa famille. Il s’agit de sa première venue à Rome. Au terme de cette expérience, elle souhaite rapporter au Sénégal un message simple: «la justice et la paix». «On veut que tout le monde entier ait la paix et que la justice règne», explique-t-elle, souhaitant que cette aspiration s’enracine dans les familles comme dans la société.
Une expérience spirituelle et fraternelle
L’abbé Paul Ignace Standard, du diocèse de Ziguinchor, accompagne lui aussi les pèlerins. Il se dit particulièrement satisfait de constater leur joie, mais aussi leur entrée dans «l’esprit de ce pèlerinage». Il relève deux dimensions de cette expérience: «la vie fraternelle» et «la spiritualité qui transparaît». Pour lui, le pèlerinage ne se limite donc pas à la visite de lieux saints, mais favorise une véritable expérience communautaire et spirituelle.
Évoquant la convivialité religieuse au Sénégal, le prêtre diocésain rend grâce pour les relations interreligieuses qui «se construisent et continuent à se construire de génération en génération». Il reconnaît cependant que ce chemin demande encore des efforts. L’abbé Paul souligne notamment l’existence de certaines formes d’intégrisme, tant chrétien que musulman, mais estime qu’elles restent «infimes» par rapport à l’ensemble de la population et à l’aspiration générale au vivre-ensemble.
Pour les pèlerins venus des différents diocèses du Sénégal, les paroles du Pape ce jour viennent ainsi donner un sens particulier à leur démarche: retourner dans leur pays avec une foi renouvelée, un engagement plus profond dans l’Église et un témoignage de justice, de paix et de fraternité.
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