Méditation du 5e dimanche du TO A: «Vous êtes la lumière du monde, le sel de la terre»
Références: Isaïe 58,7-10 ; Psaume 111,1.4-9 ; 1 Corinthiens 2,1-5 ; Matthieu 5,13-16.
Les lectures de ce dimanche nous invitent à être à la suite du Christ, lumière du monde et sel de la terre.
Dans l’évangile selon St Jean, Jésus déclare: «Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie» (Jn 8,12). Et dans l’évangile de ce dimanche, selon Saint Matthieu, dans son sermon sur la montagne, Jésus invite ses disciples, il nous invite, à être lumière du monde et sel de la terre.
Être lumière du monde, c’est devenir lumière pour le monde, reflet de la lumière qu’est le Christ. Il s’agit d’être lumière comme lui par une vie qui le montre, qui le révèle à travers notre témoignage de vie marqué par des œuvres bonnes: «Que votre lumière brille devant les hommes: alors voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux», nous dit Jésus.
Cette lumière que nous sommes et que nous devons être devant les hommes se manifeste donc par ce que nous faisons de bien. La première lecture, tirée du Prophète Isaïe, nous l’illustre: «Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable, alors ta lumière jaillira comme l’aurore (…) ». Et le Prophète ajoute: «Si tu fais disparaitre de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, du désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres (…)». Cette lumière que nous devons être, dont nos actions doivent témoigner, ne nous vient donc pas des projecteurs tournés vers nous, vers notre personne, mais vers les autres dans le besoin, dans le malheur, le prochain, notre semblable, en situation de vulnérabilité, vers qui nous nous tournons pour alléger le fardeau, le joug, à l’instar du Christ.
La lumière que nous sommes appelés à rayonner, à être, pour rendre gloire à Dieu, nous vient donc de notre engagement humble et persistent pour la justice. Le Psaume 111, psaume de ce jour, nous le dit: «Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres, homme de justice, de tendresse et de pitié». L’homme-lumière est un homme de bien, «il a pitié, il partage, il mène ses affaires avec droiture». Et le Psalmiste ajoute que cet homme-lumière «jamais ne tombera», on en gardera la mémoire, sa lumière lui survivra. Il/elle a en effet bâtit sa maison sur le roc qu’est le Seigneur, vents et marées ne pourront l’abattre ou le déstabiliser. Il/elle s’est appuyé d’un cœur ferme sur le Seigneur de qui lui vient sa lumière et vers qui il/elle tourne les projecteurs de la lumière dont il rayonne, le glorifiant par sa vie bonne, juste, droite, en faveur des plus besogneux.
On comprend alors comment cet homme/cette femme lumière du monde peut aussi être en même temps sel de la terre car par sa vie rayonnante tournée vers les autres en situation de précarité, il donne du goût à la vie de sa communauté et de ceux et celles qu’il rencontre. Comme le sel qui donne du goût aux aliments et qui les conserve, qui permet aussi de rendre praticable des chemins enneigés et être utile dans plusieurs emplois ménagers et autres, cet homme/cette femme lumière rend plus visible le Christ qu’il suit, non pas grâce à un langage sophistiqué ou une sagesse ésotérique, mais par un témoignage de vie qui se décline plus dans les actes que dans les paroles.
Et voyant cette lumière, d’autres seront attirés à devenir à leurs tours disciples et témoins du Christ lumière du monde. Amen !