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Méditation du 5ème dimanche de Carême: la victoire d’une prière impossible

Le père jésuite Justin Ilboudo nous introduit à la méditation avec les textes du cinquième dimanche du temps de Carême, année liturgique A.

Références: Ez 37, 12 – 14 ; Ps 129 (130); Rm 8, 8 – 11 ; Jn 11, 1 – 45.

Ce 5e dimanche du carême est illuminé par un signe grandiose, merveilleux: c’est Lazare qui est rappelé d’entre les morts alors même qu’il était en terre depuis quatre jours déjà. Si on réserve «la résurrection» à notre Seigneur, le retour à la vie de Lazare ne préfigure pas moins le triomphe de Jésus du mal et de la mort. Et pourtant, les choses semblaient si mal engagées pour Lazare.

Lorsque Jésus apprit que celui qu’il aime était malade, il demeura sur place encore pendant deux jours, comme s’il n’y avait pas d’urgence. Et pourtant. A son arrivée, Marthe, ramassant avec elle, toutes les commissions de toute l’humanité, lui fit le reproche: «Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort mais suspend-t-elle». Mais quoi donc Marthe ? «Mais, reprend-elle, maintenant encore, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera».

Marthe veut demander quelque chose, mais elle n’ose pas. Sa foi l’aiguillonne mais son réalisme la tempère. Sa connaissance de Jésus l’incite, mais une espèce de prudence freine son audace. Marthe reste figée au seuil d’une prière impossible. C’est au creux de cette hésitation de l’homme que la puissance de Dieu prend le relais et Jésus fait cette sublime révélation qui nourrit depuis lors la foi et l’espérance de tous les disciples: «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et qui quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela mon ami ? »

Le retour à la vie de Lazare, comme tous les miracles de Jésus, est un signe, c’est-à-dire quelque chose qui renvoie à une réalité encore plus grande: la puissance infinie de Dieu qui aime et qui se penche sur la faiblesse de celui qui croit. Et c’est déjà ce que le Seigneur avait répondu à l’incrédulité de Sarah, à l’annonce de la naissance d’Isaac: «Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ?» (Gn 18, 14). Le relèvement de Lazare a été un signe pour les Juifs, il l’est aussi pour moi: il est le signe que ma maladie ne conduit pas à la mort ; le signe que mes addictions ne l’emporteront pas sur mon désir de liberté ; le signe que mes péchés me seront pardonnés ; le signe que tout ce qu’il y a de mort en moi reprendra vie et que mon cœur frémira à nouveau de jeunesse et d’innocence puisque rien, absolument rien n’est impossible à Dieu.

21 mars 2026