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Méditation du deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la miséricorde

Le Père Jésuite Éric Goeh Akue nous introduit à la méditation avec les textes du deuxième dimanche de Pâques.

Références: Ac 2, 42-47 ; Ps 117 (118) ; 1 P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31.

Chers frères et sœurs, la Paix du Christ!

En ce dimanche, l’Évangile nous rejoint dans une expérience très humaine: celle du doute, de la peur et du besoin d’être rassurés. Et au cœur de cette expérience, le Christ ressuscité vient nous offrir un don essentiel: sa paix.

Dans ce passage, Jésus revient une seconde fois au milieu des disciples, et il ne fait aucun reproche à l’Apôtre Thomas. Il vient le rejoindre dans son doute, avec délicatesse, pour apaiser son cœur. Cela nous révèle quelque chose de très profond: Jésus vient aussi nous rejoindre dans nos doutes, dans nos inquiétudes, dans nos peurs. Il désire pour chacun de nous une paix intérieure.

Mais cette paix n’est pas seulement pour nous. Elle est un don que nous sommes appelés à recevoir… et à transmettre. Et lorsqu’elle est accueillie dans nos cœurs, elle se traduit concrètement en amour fraternel. N’est-ce pas cet amour fraternel que nous voyons dans la première lecture, tirée des Actes des Apôtres ? Une communauté où chacun trouve sa place, où l’on partage, où l’on prend soin les uns des autres, où la foi se vit concrètement dans la vie de tous les jours.

N’est-ce pas aussi ce que nous rappelle le Saint-Père dans son message de Pâques ? La résurrection du Christ est une force non violente, une force qui transforme nos relations—au niveau des personnes, des familles, des groupes sociaux et des nations—et qui fait naître une humanité nouvelle, où chacun est reconnu comme un frère et une sœur.

En effet, lorsque nous regardons le monde, nous voyons combien cette paix manque. Les conflits destructeurs auxquels nous assistons à grande échelle sont souvent le reflet de nos propres désordres intérieurs: l’avidité des biens, le manque de reconnaissance de la dignité des autres, la tentation de dominer ou d’utiliser l’autre pour nos propres intérêts. Et ces mêmes réalités, nous les retrouvons aussi, à plus petite échelle, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos relations quotidiennes.

Alors, par où commencer ? Commençons là où nous sommes: dans nos maisons, dans nos communautés, dans nos relations concrètes. Accueillons la paix du Ressuscité. Laissons-le nous rejoindre, comme il a rejoint Thomas. Et devenons, à notre tour, des témoins de cette paix. Apprenons à poser des gestes simples: respecter, écouter, pardonner, reconnaître la dignité de chacun. Et éduquons aussi les plus jeunes à ces valeurs, non seulement par des paroles, mais par notre manière de vivre.

Car la paix du Christ ne s’impose pas: elle se reçoit… et elle se transmet.

Frères et sœurs, laissons le Christ ressuscité entrer dans nos cœurs, même lorsque les portes sont fermées. Laissons-le nous donner sa paix. Et devenons, là où nous sommes, dans nos familles, dans nos communautés, dans notre monde, des artisans de cette paix—une paix reçue, vécue et partagée. Amen.

11 avril 2026