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Sainte Trinité

Méditation de la Sainte Trinité: «vivre d’un Dieu qui est communication»

Le Père Jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les textes du dimanche de la Sainte Trinité, année liturgique A.

En ce jour où l’Église célèbre la Sainte Trinité, peut-être gardons-nous en mémoire une représentation de ce mystère qui dit l’union du Père, du Fils et de l’Esprit. De nombreuses peintures nous présentent le Père, sous l’aspect d’un vieillard digne, imposant et respectable, le Fils, sous la forme d’un homme dans la force de l’âge, et l’Esprit, sous l’apparence d’une colombe. En regardant ces œuvres d’art nous découvrons comment leur auteur percevait le mystère de la Sainte Trinité. Prenons par exemple la fresque de la Sainte Trinité, peinte par Masaccio au XV° siècle, que l’on peut admirer dans l’église de Santa Maria Novella à Florence (en Italie). Au centre de cette œuvre se trouve la croix. Le Fils apparaît comme le crucifié ; le Père place ses mains sous les deux bras de la croix comme si, soutenant la croix, il participait pleinement au don que le Fils fait à l’humanité ; l’Esprit, représenté sous la forme d’une colombe fait le lien entre le Père et le Fils. Cette fresque exprime notre foi en un Dieu (Père, Fils et Esprit) qui se donne. Dans nos églises, il est possible que nous trouvions une représentation de la Trinité. Si tel est le cas, prenons le temps de l’observer en ce jour.

Pour leur part, les textes liturgiques de ce dimanche nous introduisent au mystère de la Sainte Trinité, tout en nous orientant vers la miséricorde.

La première lecture évoque une rencontre entre Moïse et le Seigneur. Celui-ci se révèle dans toute sa gloire, proclamant son nom et se présentant comme le « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » La toute-puissance du Seigneur qui se manifeste dans la nuée va de pair avec sa miséricorde. Moïse le confirme en disant que, face à ce peuple à la nuque raide, la miséricorde de Dieu sera bien nécessaire.

Dans l’Evangile de Jean lu ce dimanche, le pharisien Nicodème interroge Jésus sur sa mission. Jésus explique que le Fils a été envoyé par le Père afin que les hommes puissent naître à la vie éternelle. Selon l’évangéliste Jean, le Fils est un don fait à l’humanité. Ceux qui accueillent ce don, c’est-à-dire qui croient, ont la vie éternelle. En revanche, ceux qui ne l’accueillent pas, c’est-à-dire qui ne croient pas, ne peuvent entrer dans cette vie éternelle. Ce qui les juge ce n’est pas tant le Fils que leur propre attitude d’incroyance. Dans ce texte, le Fils ne se présente pas comme un juge, mais comme celui qui révèle ce qui habite le cœur de chacun, et tout particulièrement sa foi.

Enfin l’extrait de la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens lu ce dimanche invite la communauté chrétienne à développer un climat d’entente fondé sur l’expérience de la Sainte Trinité, comme le traduit la salutation solennelle : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous ». C’est par cette salutation que nous sommes accueillis à l’ouverture de chaque célébration eucharistique.

Des réflexions théologiques peuvent nous aider à plonger plus profondément dans ce mystère de communion qui unit le Père, le Fils et l’Esprit dans la Sainte Trinité. Aujourd’hui, nous sommes invités à reconnaître comment une expérience de communion est déjà à l’œuvre au sein de la communauté que nous formons, et comment cette expérience peut être approfondie et vécue de manière très concrète dans notre quotidien. Nous sommes appelés à vivre d’un Dieu qui est communication, tant en lui-même qu’auprès de ses enfants, et à en témoigner. Puissions-nous nous laisser saisir par le mystère de la Sainte Trinité, afin qu’il rayonne dans notre vie quotidienne. C’est bien ce à quoi nous invite saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. » Aujourd’hui plus que jamais, notre monde a besoin d’entendre un tel témoignage.

30 mai 2026