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Méditation du VIème dimanche de Pâques: aimer le Christ c’est mettre nos pas dans les siens

Le Père jésuite Serges Kusukama nous introduit à la méditation avec les textes du sixième dimanche de Pâques – Année liturgique A.

Références: Ac 8, 5-8. 14-17 ; Ps 65 (66) ; 1P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21.

Frères et sœurs,

Les textes liturgiques de ce 6ᵉ dimanche de Pâques nous préparent doucement à l’Ascension et à la Pentecôte. Ils tournent autour d’une promesse centrale: nous ne sommes pas orphelins. Car il y a en nous et autour de nous une présence invisible, mais réelle.

Dans l’Évangile de Saint Jean 14, 15-21, Jésus lie l’amour à l’observation des commandements: «Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.» À première vue, cela peut sembler contractuel, presque froid. Pourtant, c’est tout l’inverse. Jésus nous dit que l’amour ne se nourrit pas de grandes déclarations émotionnelles qui s’envolent au moindre nuage, mais d’une demeure.

Aimer le Christ, ce n’est pas ressentir quelque chose pour lui, c’est mettre nos pas dans les siens. Les commandements ne sont pas des ordres extérieurs, mais le mode d’emploi de la vie véritable. Garder sa Parole, c’est permettre à Dieu de s’installer chez nous ; à nos côtés, comme Défenseur.

Et c’est le message central de ce 6ᵉ dimanche: «la promesse de l’Esprit Saint», que Jésus appelle le «Paraclet», notre avocat, notre défenseur. Jésus sait que le monde peut être hostile, que le doute peut nous assaillir. Il nous promet que nous ne serons pas «orphelins». Un orphelin est celui qui n’a plus de racines, plus de protection, plus de nom. Par l’Esprit, nous restons connectés à la source de notre vie. L’Esprit Saint est cette présence intérieure qui nous rappelle, au plus fort de la tempête, que nous sommes aimés et que la mort n’a pas le dernier mot.

La deuxième lecture, extrait de 1 Pierre 3, 15-18, nous donne une mission concrète: «Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.»

Regardez le monde aujourd’hui: il est souvent marqué par le cynisme ou le découragement. Le chrétien n’est pas celui qui ignore les problèmes, mais celui qui porte en lui une lumière que le monde ne peut pas donner. Saint Pierre précise: «Faites-le avec douceur et respect.»

 Notre foi ne doit pas être une arme pour écraser les autres, mais une main tendue, une proposition de paix.

Enfin, la première lecture, tirée du livre des Actes 8, 5-8.14-17, nous montre Philippe en Samarie. Ce qui est frappant, c’est le résultat de sa prédication: «Il y eut une grande joie dans cette ville.»

C’est le test ultime de notre foi. Si notre religion nous rend tristes, amers ou jugeants, c’est que nous sommes passés à côté de l’Esprit de Vérité. L’Esprit Saint est un Esprit de joie. Il transforme les épreuves (comme les persécutions que fuyait Philippe) en opportunités de témoignage.

En ce dimanche, alors que nous approchons du terme du temps pascal, le Seigneur nous invite à passer d’une foi extérieure, c’est-à-dire voir Jésus avec ses yeux, à une foi intérieure, c’est-à-dire vivre de son Esprit: «Vous me verrez vivant, et vous vivrez vous aussi.»

Que cette promesse habite notre semaine.

Demandons la grâce de reconnaître le «Défenseur» à l’œuvre dans les petits gestes de charité, dans le silence de notre prière et dans la douceur de nos paroles envers ceux et celles qui ne partagent pas notre espérance. Amen.

09 mai 2026