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2026.07.05 Vangelo di domenica

Méditation du 18e dimanche ordinaire TOA: Le Seigneur nourrit son peuple

Le Père Jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les textes du 18e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

Le Seigneur nourrit son peuple. La prophétie d’Isaïe que nous entendons ce dimanche ouvre des perspectives grandioses. Elle nous dit : « Vous qui avez soif, venez, voici de l’eau !  Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. (…) [v]ous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! ». Cependant, cette prophétie va plus loin. Elle ne se limite pas à la nourriture et à la boisson qui, après tout, ne rassasient pas définitivement. Le Seigneur comble son peuple d’abord par une relation. La prophétie d’Isaïe poursuit : « Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David. » Pour accueillir une telle promesse et comprendre qu’elle ouvre un chemin de vie, une conversion est nécessaire.

Des années plus tard, l’évangéliste Matthieu transmet un message semblable. Jésus se trouve dans un endroit désert, et une foule nombreuse l’a rejoint. Il leur enseigne et il guérit les malades … mais où trouver à manger pour tous ces gens qui se sont mis eux-mêmes dans une situation impossible en partant au désert sans provisions ? Jésus prend les cinq pains et les deux poissons qui se trouvent disponibles, les bénit et les donne à ses disciples pour qu’ils les distribuent. Une foule de cinq mille personnes (sans compter les femmes et les enfants, nous dit l’Evangile) est rassasiée. Mais attention ! avant de nourrir leurs corps, Jésus a nourri leur cœur par son enseignement et il s’est fait proche de leurs souffrances : il guérit les malades et il appelle ceux qui l’écoutent à se tourner vers la vie véritable, celle dont il témoigne au long de son ministère public. En d’autres termes, il ne fait pas que donner le pain et les poissons dont les foules ont besoin ; il leur donne une autre nourriture.

Pour les Juifs auxquels s’adressait Isaïe, ou pour les contemporains de Jésus attirés par son enseignement et son ministère de compassion, et encore pour nous aujourd’hui, la tentation est grande de réduire notre relation au Seigneur à la seule satisfaction de nos besoins. Nos besoins sont réels : nous avons faim, nous avons soif, nous cherchons la guérison lorsque nous sommes malades. Nous ne pouvons ignorer ces besoins. Mais ces besoins ne doivent pas masquer l’essentiel : la promesse d’entrer dans une relation toujours plus profonde avec le Seigneur. Pour le peuple d’Israël, cette relation s’exprime par l’alliance. Pour les disciples de Jésus et les baptisés que nous sommes, cette alliance prend la forme de notre découverte du Crucifié-Ressuscité et du témoignage que nous lui rendons, jour après jour. Nous connaissons peut-être, les uns et les autres, des personnes dont les besoins sont comblés à un niveau plus que raisonnable … et qui vivent de grandes insatisfactions dans leur existence. Nous connaissons aussi peut-être, les uns et les autres, des personnes dont les besoins primordiaux ne sont pas satisfaits … et qui se tiennent néanmoins dans une profonde paix intérieure. Ne nous égarons donc pas : à bon droit, nous cherchons à satisfaire nos besoins primordiaux, mais leur satisfaction n’est pas le but ultime de la vie à laquelle Jésus nous éveille.

« Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». Avec ces mots, l’apôtre Paul encourage ses interlocuteurs romains. Toutes les vicissitudes qui peuvent nous arriver (et elles étaient nombreuses celles qui menaçaient les premières communautés chrétiennes) ne sauraient éloigner de l’amour du Christ. Cet amour est comme le nord d’une boussole : il oriente notre vie chaque jour.

Nul doute, il est des moments où cela est plus facile à dire qu’à vivre, et pourtant c’est bien cela que nous appelons de nos vœux. Puissions-nous vivre de cet amour du Christ, et en porter témoignage autour de nous. Le monde est en attente d’hommes, de femmes et d’enfants qui vivent cette expérience. Puisse le Seigneur nous aider à emprunter fidèlement ce chemin !

01 août 2026