Protection des mineurs, renforcer l’implication des victimes
Vatican News
Le renforcement de l’implication des victimes et des survivants, qui doit être un point de référence essentiel pour toute action de protection contre les abus, la révision des normes mondiales de protection à travers la définition des Lignes directrices universelles, à présenter au Pape d’ici la fin de l’année, et l’approfondissement de la collaboration à tous les niveaux de l’Église. Tels sont les principaux thèmes abordés lors de l’Assemblée plénière de printemps 2026 de la Commission pontificale pour la protection des mineurs. Les participants venus du monde entier, ont été reçus par le Pape Léon XIV le 16 mars dernier, et ont clôturé leurs travaux ce 20 mars après cinq jours intenses.
Une mission qui consiste à protéger la dignité des personnes vulnérables
Dans un communiqué, la Commission rappelle que l’assemblée s’est ouverte «en exprimant une profonde gratitude à Léon XIV pour son rôle moteur dans la réaffirmation de la mission fondamentale consistant à protéger la dignité de chaque enfant, adolescent et personne vulnérable confiée aux soins de l’Église». Lors de l’audience qui a ouvert les travaux, le 16 mars, le Pape «a encouragé et réaffirmé la mission de la Commission d’accompagner les Églises locales dans le renforcement de la culture et des structures de protection».
Pérenniser la protection en cette période de crise
Au cours des travaux, le président de la Commission, Mgr Thibault Verny, a souligné la nécessité d’une écoute attentive, de l’humilité et d’une responsabilité partagée, «à un moment où les conflits de ce monde continuent de toucher les enfants et les communautés vulnérables». La Commission a entendu les interventions du professeur Benyam Dawit Mezmur sur les défis de la protection et de la durabilité en Afrique, ainsi que celles des responsables de l’initiative Action catholique pour les enfants, Mgr Robert Vitillo et sœur Niluka Perera, sur les initiatives de collaboration entre institutions catholiques. Les membres, peut-on lire dans le communiqué, «ont réaffirmé l’urgence de promouvoir un esprit d’ouverture et de collaboration entre les acteurs de l’Église et de la société civile».
Participation des victimes: un élément essentiel de la protection
La Commission a également revu ses procédures fondées sur la prise en compte des traumatismes afin de garantir la cohérence et la clarté dans toutes les régions, et a examiné comment les témoignages des victimes et des survivants peuvent contribuer de manière plus systématique à l'élaboration des politiques, à la formation et au rapport annuel. Les membres ont réaffirmé la vision du Souverain pontife selon laquelle cette implication des victimes, des survivants et de leurs familles «n’est pas un aspect isolé de la protection, mais le point de référence central de toute action».
Les récentes informations relayées par les médias sur les abus, rappelle la Commission, «constituent un douloureux rappel des profondes souffrances endurées par les victimes et les survivants, ainsi que des graves manquements qui ont causé ces souffrances au sein de l’Église». La Commission accueille ces réalités «avec douleur, avec sérieux et avec un engagement renouvelé à écouter, accompagner et contribuer à garantir que la protection, la responsabilité, la transparence et la prise en charge de ceux qui ont subi un préjudice restent au cœur de la vie de l’Église». Bien que des progrès importants aient été accomplis ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire.
Avancement du Cadre des lignes directrices universelles
Beaucoup de temps a été consacré à l'examen de l'état d'avancement actuel du Cadre des lignes directrices universelles, et la discussion a porté sur «la manière de les rendre plus accessibles, culturellement adaptables et spirituellement ancrées». La discussion a souligné l’importance d’un langage clair et pratique pour faciliter leur mise en œuvre dans différents contextes, ainsi que la nécessité d’harmoniser les lignes directrices avant de soumettre le texte définitif au Souverain pontife d’ici la fin de l’année. La Commission «a réitéré son engagement à fournir des lignes directrices susceptibles de doter les Églises locales d’un outil concret pour promouvoir des pratiques de protection cohérentes, fondées à la fois sur les valeurs évangéliques et sur les normes professionnelles».
Renforcer l’initiative Memorare à l’échelle mondiale
La Commission a examiné les progrès de l’initiative Memorare, qui soutient désormais 18 Églises locales en Asie, en Océanie, en Afrique et en Amérique latine. Son rôle croissant a été souligné dans le renforcement des systèmes locaux de signalement, la formation du personnel, la mise en réseau et la communication, ainsi que dans l’évaluation des capacités de protection à travers trois phases: évaluation, mise en œuvre et suivi. Les défis restent liés à «des mécanismes de responsabilité limités et à un manque de ressources dans certaines régions», même si des évolutions positives sont observées en Afrique et en Amérique latine.
Rapport annuel: un outil de responsabilisation et d'accompagnement
La Commission a examiné les progrès réalisés dans les éditions 2025 et 2026, soulignant le rôle du rapport à la fois comme outil global de responsabilisation et comme mécanisme d'accompagnement. Les groupes régionaux ont fait état des progrès et des défis en matière de sauvegarde, notamment les disparités en matière de ressources, l'insuffisance des systèmes de données et l'évolution de la législation. De nouvelles collaborations avec des acteurs de la société civile élargissent en outre la base de données du rapport, en intégrant la recherche qualitative et quantitative. L'importance d'inclure les expériences directes et les données provenant des conférences religieuses, des instituts et des dicastères compétents de la Curie romaine a été soulignée, afin de répondre aux préoccupations croissantes concernant la protection au sein de la vie religieuse, où les questions de pouvoir, de culture et de tabous font souvent obstacle au signalement. Les résultats du troisième rapport annuel reflètent la consolidation du cheminement vers une culture de la prise en charge au sein des Églises locales et de la vie consacrée.
Groupes d'étude: vulnérabilité et abus en ligne
Le groupe d'étude sur la vulnérabilité a présenté un cadre multidisciplinaire qui explore la vulnérabilité dans des contextes relationnels, culturels et institutionnels. Les membres ont manifesté un vif intérêt pour la prochaine publication des travaux du groupe, soulignant leur importance tant pour le droit canonique que pour la pratique pastorale. Le groupe d'étude sur les abus en ligne a indiqué avoir réalisé «des progrès dans la cartographie des risques numériques dans les contextes ecclésiaux et avoir partagé des outils pratiques destinés aux Églises locales afin de prévenir, de protéger et de réagir de manière appropriée». Comme l'a souligné le Pape Léon XIV dans son discours à la Commission, «la protection numérique doit être une priorité urgente, compte tenu de l'ampleur des abus en ligne dont sont victimes les mineurs et les personnes vulnérables à l'échelle mondiale».
Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici