Le cardinal Parolin interrogé à la veille de l'audience de Marco Rubio au Vatican
Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
«Comptez-vous davantage sur Marco Rubio ou sur Donald Trump ?» Dans un sourire, le cardinal répond: «Moi ? Je ne compte sur personne. Je ne compte que sur notre Seigneur Jésus-Christ». Le Secrétaire d’État du Saint-Siège a accepté d’échanger avec des journalistes qui l’attendaient devant l'Augustinianum pour l’interroger encore sur les attaques du président américain Donald Trump à l’encontre du Pape. «L’attaquer de cette manière ou lui reprocher ce qu’il fait me semble pour le moins un peu étrange», explique-t-il.
Les propos du président américain sont intervenus à quelques jours de l’audience au Vatican du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, prévue ce jeudi 7 mai et le Pape lui-même y a déjà répondu hier soir, à Castel Gandolfo. Néanmoins, le cardinal Parolin venu présenter ce mercredi après-midi le livre «Robert Francis Prevost. Libres sous la grâce» publié par la Libreria Editrice Vaticana (LEV) à l’Institut patristique, a pris quelques minutes pour répondre aux questions des journalistes qui lui demandaient de réagir à la déclaration de Donald Trump, selon lequel le Pape accepterait que l’Iran puisse détenir des armes nucléaires, mettant ainsi «en danger» des milliers de catholiques.
«Le Pape fait son travail de Pape»
Le Secrétaire d’État répond avec les mêmes mots que le Pape Léon devant la Villa Barberini: «Il faut parler en toute vérité». Celle du président américain «n’est certainement pas une affirmation correcte, dans le sens où le Saint-Siège a toujours œuvré, et continue d’œuvrer précisément pour le désarmement nucléaire». Une position donc «très claire» à ce sujet.
Le cardinal n’entre pas dans le détail des attaques répétées du président, qui ont commencé le 13 avril dernier, le jour du départ de Léon XIV pour l’Afrique. «Je ne voudrais pas me livrer à des jugements, à des évaluations personnelles sur cette question. Je crois que le Pape fait ce qu’il doit faire: le Pape fait le Pape».
L'audience avec Marco Rubio
Quant à l’audience du Pape avec le Secrétaire d’État américain Marco Rubio, à laquelle assistera ensuite le Secrétaire d’État lui-même, le cardinal explique qu’avant tout «nous l’écouterons, l’initiative est venue d’eux ». Ensuite, «on parlera de tout ce qui s’est passé ces derniers jours. Nous ne pourrons pas ne pas aborder ces sujets». Plus généralement, comme toujours lors des rencontres avec des personnalités politiques, on abordera «des thèmes de politique internationale et surtout des conflits», des questions telles que l’Amérique latine et probablement aussi la question de Cuba. En somme, explique le cardinal, «tous les thèmes les plus brûlants».
Il n'y aura pas d'autres propositions de la part du Saint-Siège concernant la résolution du conflit en Iran, que celles qui «ont toujours existé», à savoir la promotion du dialogue. «Ces conflits ne peuvent être résolus par la force, mais doivent être traités et résolus par la négociation. Une négociation de bonne volonté, sincère, afin que toutes les parties puissent exprimer leur point de vue et trouver des points de convergence», a conclu le cardinal Parolin.
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