Cardinal Czerny: «Magnifica humanitas est profondément synodale»
Vatican News
Le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral a envoyé ce premier juin un message vidéo aux évêque de Suisse, à l'occasiond de leur assemblée plénière au sein de l’abbaye d’Einsiedeln. Le cardinal canadien devait être présent mais ses engagements au Vatican l'ont empêché de faire le déplacement. Des engagements «liés aux travaux de la Commission sur l’Intelligence Artificielle ainsi qu’au suivi de la récente publication de l’Encyclique Magnifica humanitas» explique le cardinal jésuite au début de son message.
C'est justement sur la portée de l'encyclique du Pape Léon XIV, publiée le 25 mai, qu'est centré son message aux évêques suisses. Le cardinal Czerny revient sur la Commission pontificale récemment créée par le Souverain pontife pour coordonner les travaux autour de l'intelligence artificielle et placée sous la direction du dicastère. «Dès le commencement, une question essentielle s’impose à nous: comment cette nouvelle commission pourra-t-elle entrer en dialogue avec les Églises locales, les accompagner et les soutenir face aux défis, mais aussi aux discernements, que soulève aujourd’hui l’intelligence artificielle ?» interroge le cardinal Czerny.
Une encyclique qui aide à discerner les défis contemporains
«L’une des plus grandes leçons que le Pape François m’a transmises est celle-ci: «N’ayez pas peur de la réalité» poursuit le cardinal dans son message, soulignant, avec le temps, avoir compris «combien nous pouvons tous être tentés - moi-même comme tant d’autres dans l’Église - de nous protéger du réel, ou parfois de nous en éloigner de multiples façons». Ainsi, la publication de Magnifica humanitas cherche précisément à se confronter à la réalité.
Vivre une synodalité tournée vers l’extérieur
La parution de l'encyclique, explique encore le cardinal Czerny, invite à «vivre une synodalité tournée vers l’extérieur». «Non pas une synodalité repliée sur les seules questions internes de l’Église, mais une démarche qui nous appelle à marcher avec les autres, avec courage et espérance, sans détourner le regard des réalités parfois inquiétantes d’aujourd’hui et de demain».
«C’est cela qui rend Magnifica humanitas si profondément synodale, poursuit le cardinal, parce qu’elle est inclusive et accueille chacun: Nul ne peut, à lui seul, porter le poids des défis auxquels le monde est confronté, tout comme personne n’est trop faible pour ne pas pouvoir jouer son rôle » (n. 13). Le préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral interroge aussi le modèle suisse: «vous avez la grâce de bénéficier d’une démocratie directe qui implique les citoyens dans des questions bien plus fondamentales que cela n’est possible dans d’autres pays. Dans les circonstances actuelles, l’Église n’est-elle pas appelée à apporter une contribution particulière à la bonne gouvernance de votre pays et de ses différentes composantes ?» demande-t-il.
Une invitation à un véritable examen de conscience
Le cardinal Czerny explique aussi le sous-titre de l'encyclique ("Sur la protection de la personne humaine à l’ère de l'intelligence artificielle", ndlr). «Ici nous reconnaissons des besoins profonds d’évangélisation, d’accompagnement pastoral, de réconciliation et d’implication dans la vie de l’Église sous toutes ses formes concrètes — et l’on pourrait dire «traditionnelles», note-t-il.
«Magnifica humanitas nous invite aussi, nous évêques, prêtres et acteurs pastoraux, à un véritable examen de conscience» poursuit le message. «Ces questions, conclut-il, nous devons aussi nous les appliquer à nous-mêmes: à nos structures, à nos modes de fonctionnement, à notre manière, comme Église, de traverser l’histoire au milieu des autres réalités de ce monde. Car cela aussi est une manière essentielle d’évangéliser».
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