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Léon XIV aux jeunes d'Assise: «l’Europe et le monde cherchent en vous de nouveaux saints»

En visite pastorale à Assise, pour la fête de la Transfiguration ce jeudi 6 août, le Pape a présidé la messe en la basilique Sainte Marie des Anges. Entouré de milliers de jeunes participant au festival «Go! Franciscan Youth Meeting 2026 !», Léon XIV les a encouragés dans son homélie à suivre l’exemple de saint François et Sainte Claire pour «ouvrir une nouvelle voie, plus conforme au chemin de Jésus».

Cécile Mérieux – Cité du Vatican

En cette fête de la Transfiguration, le Pape a transmis aux jeunes rassemblés ce jeudi 6 août à Assise le message un message d'encouragement. «Mystère de lumière», ce passage d’Evangile de Matthieu (Mt 17, 1-9) où la divinité de Jésus se révèle au yeux des apôtres Pierre et son frère Jean, a été l’occasion pour l'évêque de Rome d’approfondir «notre rencontre, si joyeuse, mais aussi pleine d’interrogations sur le présent et l’avenir».

À Assise, ville de pèlerinage, «tout murmure que notre vie peut changer de forme, laisser jaillir la lumière, réparer le monde, a assuré Léon XIV. C’est ici qu’a commencé la transfiguration de François, de Claire, puis de milliers d’autres jeunes: ils ont accueilli l’Évangile sans concession et la vie de Jésus a recommencé en eux».

Écrire une nouvelle page d'histoire

Le Pape a encouragé cette quête de sens que les jeunes poursuivent ici. Et l’Évangile permet d’entrevoir un chemin. Dans ce passage de la Parole du jour, c’est Dieu lui-même qui désigne son Fils et incite à l’écouter. Il nous invite à entrer dans cette conversation, de manière active, en lisant les Écritures, afin «d’interpréter notre époque et prendre des décisions, en suivant son chemin» a indiqué le Pape. «Nous sommes ici pour vaincre la résignation et la peur, a-t-il poursuivi, pour dissiper les doutes qui nous retiennent, nous aussi, comme ils retenaient les apôtres. Jésus nous appelle à dialoguer avec son histoire, pour écrire de nouvelles pages d’histoire». 



Pour le Pape Léon cette lumière de la Transfiguration est une anticipation du matin de Pâques lorsqu’un ange du Seigneur apparait au sortir du tombeau et annonce la résurrection (Mt 28, 3). «C’est la lumière d’un nouveau jour, vers lequel nous sommes tournés, a encore expliqué le Saint Père, alors qu’autour de nous, et parfois en nous, règnent encore les ténèbres.»

Le Pape en a appelé à des figures de référence à Assise, qui ont suivi ce chemin de lumière nous précèdant sur les voies vers le Christ. «Nous en voyons l’aurore dans les saints canonisés, comme saint François et sainte Claire, et dans une myriade de frères et sœurs qui répondent au mal par le bien. Nous ne sommes pas seuls !»

La rencontre et l’écoute

Léon XIV est aussi revenu sur la rencontre des jeunes ces derniers jours à l’occasion du festival « Go! Franciscan Youth Meeting 2026 ! ». Un temps de partage et de débats autour de questions spirituelles et de société, où ils ont pu s’exprimer et s’écouter. Une dynamique encouragée par l’Église, où, selon le Pape, «on comprend pour qui vivre et comment vivre».


L'évêque de Rome a rappelé la nécessité de discerner à partir de l’expérience de la communauté et non sur la base des ses propres opinions. Il a incité à oser «cette obéissance à l’Esprit Saint qui a rendu audacieux et créatifs tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus». Pour le Pape, il ne fait pas de doute que «nous nous défigurons en nous séparant de Lui et des autres; nous nous transfigurons, au contraire, dans les liens qui nourrissent et appellent à la vie.»

“La spiritualité franciscaine, dans laquelle vous avez été formés, est l’une des plus soucieuses de restaurer les relations fondamentales avec Dieu et avec toutes ses créatures : une harmonie à préserver et à cultiver, aujourd’hui plus que jamais.”

Choix de société

Le Souverain pontife est revenu sur les enseignemets partagés dans son encyclique Magnifica Humanitas, où il a écrit que «chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque». Une tache à accomplir avec le soin de préserver la dignité de toute personne, promouvant la justice et la fraternité. Il a cependant pointé les risques d’échec de cette mission: «Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que “le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”» (Magnifica humanitas, n. 1).

Créer une vie nouvelle

Pour l’évêque de Rome, saint François, huit cents ans après sa mort, reste une référence par le témoignage de «la magnifique humanité qui l’a conduit à abandonner les voies déjà tracées, afin d’en ouvrir une nouvelle, plus conforme au chemin de Jésus». Un choix de vie révolutionnaire pour l’époque et encore aujourd’hui. Il en est de même pour sainte Claire, dont ce choix fut encore plus impressionnant selon Léon XIV: «une jeune fille qui voulait être comme François, qui voulait vivre, en femme, libre comme ces frères !». Un exemple de «l’énergie du christianisme», et de ses multiples renouveaux, auquels chacun est appelé à prendre part.

“Chers jeunes: aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints: osez croire en la parole de l’Évangile, devenez des êtres humains dotés de la liberté de Jésus-Christ, embrassez la sœur pauvreté !”

La Pape a encore exhorté les jeunes à prendre à bras le corps leur mission de chrétiens investis dans le monde et les a envoyés «sur des chemins dont nous n’avons pas de carte», poussés par l’Esprit qui parle au cœur. «Allez ! Aux marges, là où l’injustice et l’arrogance de quelques-uns bafouent la dignité et les rêves de beaucoup».

Léon XIV a tenu à rassurer ces jeunes qui peuvent se sentir en décalage entre leur chemin de foi et ce que prône la société, comme ce fut le cas pour saint François. Au contraire, pour le Pape, «se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts».

Enfin, le Souverain pontife a exhorté les jeunes à se consacrer à la civilisation de l’amour, et à unifier leurs énergies – les études, les compétences, le travail, les amitiés, l’amour, la prière – à ce dessin. «Faire confiance à Dieu, c’est retrouver, comme François et Claire, un monde de frères et de sœurs à apprécier et à servir, et non à exploiter et à dominer. Non pas un monde à défendre, mais à embrasser». 



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06 août 2026, 11:38